Lorsque nous, Européens, pensons aujourd'hui à l'Asie, celle-ci évoque pour nous une rapide mutation et une croissance fulgurante. Nous sentons que les évolutions survenant en Asie exercent une influence grandissante sur notre vie en Europe et en Allemagne. Cela vaut en ce qui concerne le climat et l'environnement, la disponibilité de l'énergie et des matières premières ainsi que la situation du marché du travail, l'éducation et les sciences.
L'Asie est un moteur de la mondialisation. Elle n'est cependant pas le seul. Nous aussi, en Europe, prenons part à cette évolution. De concert avec l'Asie, nous devons donc gérer la mondialisation. Par conséquent, pour la 8ème rencontre Europe-Asie (ASEM) au niveau des ministres des Affaires étrangères organisée la semaine prochaine à Hambourg par la présidence allemande du Conseil de l'UE, je me réjouis vivement d'accueillir, avec mes homologues européens, l'Inde, le Pakistan, la Bulgarie, la Roumanie, la Mongolie et le secrétariat général de l'ASEAN en qualité de nouveaux membres de la coopération au sein de l'ASEM.
Au cours des deux années écoulées, l'ASEM a pratiquement doublé le nombre de ses membres qui sont passés de 26 à l'origine à 45 actuellement et a de plus approfondi sa coopération sur de "nouveaux thèmes" comme l'énergie et le changement climatique, le travail et l'emploi ainsi que l'éducation et les sciences. C'est un progrès qu'il convient de saluer et qui souligne que l'ASEM est un processus dynamique et orienté vers l'avenir. Dans ce cadre, la politique peut réagir de manière souple et pragmatique aux réalités actuelles. Il suffit de regarder l'éventail de thèmes dont nous débattrons à Hambourg pour constater à quel point les évolutions internationales et mondiales actuelles nous obligent à coopérer dès à présent. J'attends de la rencontre de l'ASEM un nouveau signe de notre responsabilité commune. À Hambourg, nous avons avant tout l'intention de gagner le concours actif des nouveaux partenaires de l'ASEM à ce processus unique en son genre.
La Conférence de l'ASEM qui se tiendra à Hambourg est l'un des événements majeurs de la présidence allemande de l'UE — cela témoigne aussi de la valeur qu'attache l'UE à la coopération avec l'Asie. La participation pour la première fois du Haut Représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune, Javier Solana, à une rencontre de l'ASEM souligne en outre la dimension de politique de sécurité que cette dernière revêt de façon croissante.
L'une de nos missions essentielles consiste à organiser ensemble l'évolution politique, économique et sociale en Europe et en Asie, dans un esprit d'avantage mutuel. Cela implique notamment d'assurer les conditions cadres requises pour une concurrence loyale et une économie durable. Très récemment, au début mai, au Brunéi, le commissaire au commerce extérieur Mandelson et les ministres de l'Économie de l'ASEM sont convenus de l'ouverture de négociations sur un accord de libre-échange. Des négociations avec la Corée du Sud et l'Inde suivront. Les aspects relevant de la politique sociale devraient aussi y être traités expressément.
En ce qui concerne toutes ces questions, le fait est que la politique extérieure se transforme de plus en plus en une politique intérieure mondiale. L'ASEM est le lieu où nous évaluons la marge de manœuvre dont nous disposons pour définir de concert les règles du système international. Il faut une action responsable de la part de l'Europe et de l'Asie. Nous voulons obtenir la collaboration de l'Asie en tant que partenaire d'une politique axée sur la paix, la justice et une économie durable. C'est ainsi que l'Europe et l'Asie pourront forger ensemble leur avenir.