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26.05.2007

Interview du ministre fédéral des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier accordée au quotidien "Hamburger Abendblatt" avant la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'ASEM


Quels seront les thèmes les plus importants de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'ASEM?

La réunion des ministres des Affaires étrangères de l'ASEM sera l'une des plus grandes manifestations de la présidence allemande de l'UE: 46 délégations d'Asie et d'Europe viendront à Hambourg. Les questions énergétiques et climatiques seront au cœur de la rencontre. Les Européens sont ambitieux. En effet, nous souhaitons réduire la production de dioxyde de carbone nuisible au climat et utiliser davantage les énergies renouvelables. J'espère que nous pourrons convaincre nos partenaires de l'ASEM de suivre une démarche avec la même détermination. Nous nous pencherons également sur les principaux thèmes internationaux: comment réduire le nombre d'armes nucléaires dans le monde, la situation au Proche et au Moyen-Orient et en Afghanistan.

Dans quels domaines faut-il s'attendre à des accords ou désaccords entre l'Europe et l'Asie?

L'Asie est une région de grand dynamisme économique dont profitent aussi beaucoup les entreprises allemandes et européennes – comme le sait notamment l'économie très exportatrice de Hambourg. Nous voulons continuer à développer cette coopération. Je souhaite également que notre concurrence soit loyale. Concrètement, cela signifie ceci: il n'est pas acceptable que des emplois soient transférés d'Europe en Asie parce que nous nous imposons des normes environnementales et sociales élevées qui ne sont pas respectées dans d'autres régions du monde. C'est aussi un dossier sur lequel nous devons travailler ensemble dans le cadre de l'ASEM.

Plus d'une quarantaine de délégations vont participer à la réunion des ministres des Affaires étrangères. Est-il possible d'avoir des entretiens constructifs dans ces conditions? Est-ce que moins ne serait peut-être pas plus?

Les discussions en petits groupes peuvent être sans doute plus intensives. Mais à quoi sert un accord entre quelques-uns si tous ne se sentent liés par aucune obligation? Je suis donc persuadé qu'il est important d'associer tout le monde, même si ces grandes conférences peuvent donner l'impression d'être un peu laborieuses. C'est seulement en ayant son mot à dire que l'on se sent une obligation d'implication par la suite. Je voudrais cependant ajouter qu'à Hambourg également nous attachons beaucoup d'importance aux entretiens bilatéraux en marge de la conférence. Car l'entretien personnel est un élément très essentiel des réunions de l'ASEM: les entretiens en tête-à-tête et les rencontres personnelles sont indispensables pour développer la confiance.

Cette réunion sert-elle également au sens large à la préparation du sommet du G8 qui aura lieu une semaine plus tard à Heiligendamm?

Nous traitons effectivement des questions similaires. Malgré leur puissance économique considérable, aucun pays de l'ASEM mis à part le Japon, n'est pourtant membre du G8. C'est donc bien que l'ASEM existe. Quand on sait que les États de l'ASEM représentent 58 % de la population mondiale, 60 % du volume des échanges mondiaux et environ 50 % des performances économiques mondiales (PIB), il est clair qu'aucune question décisive de dimension mondiale ne peut être soutenue sans la participation de l'Asie.

Que dites-vous aux opposants à la mondialisation qui se mobilisent à la fois contre le sommet du G8 à Heiligendamm et la réunion de l'ASEM?

La démocratie vit de la discussion sur la bonne politique à suivre, et les protestations et manifestations pacifiques sont donc normales. Je comprends un grand nombre des questions posées par les opposants à la mondialisation: comment empêcher que les bas prix pratiqués en Europe ne soient le résultat d'une exploitation sociale en Asie ou en Afrique? Est-ce normal de fermer nos marchés aux produits agricoles venant de pays pauvres d'Afrique mais aussi de Russie? Ces questions et beaucoup d'autres doivent être sérieusement débattues. Toutefois, il faut être conscient que la violence ne nous fera pas avancer d'un pas. Au contraire, elle nuit à tous ceux qui veulent exprimer pacifiquement leur opinion.

Pourquoi Hambourg a-t-elle été choisie comme lieu de la réunion et qu'attendez-vous de la ville hanséatique?

Hambourg est la porte de l'Allemagne vers l'Asie. Il y a ici une expertise au sujet de l'Asie qui est très appréciée à l'échelon international, et les contacts de Hambourg par exemple avec la Chine et le Japon sont uniques en Allemagne et en Europe. Je sais que nos hôtes asiatiques sont très contents du choix du lieu de la réunion et je suis sûr que leur séjour dans cette ville sera agréable. Je saisis cette occasion pour remercier la ville de Hambourg et tous ses habitants de leur hospitalité.

 



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Date: 30.05.2007