Monsieur le Président,
C'est une grande joie et un honneur particulier de m'adresser à vous aujourd'hui, pour la première fois, comme représentant de la présidence au Parlement européen en séance plénière.
Le 25 mars, l'Union européenne célèbre le 50ème anniversaire de la signature des Traités de Rome.
C'est un jour particulier. En ce jour anniversaire, nous devrions nous arrêter de travailler pendant quelques heures. S'arrêter pour regarder en arrière – c'est-à-dire l'histoire à succès exceptionnel de l'unification européenne –, mais aussi s'arrêter pour regarder vers l'avenir et nous interroger: comment nous, Européens, allons-nous faire pour répondre aux questions pressantes de notre époque?
Je pense que nous pouvons tous être fiers de ce que les Européens ont accompli en Europe au cours de ces 50 dernières années. C'est pourquoi le 25 mars devrait être avant tout un jour placé sous le signe de la confiance.
Le Parlement européen a joué un rôle primordial dans le processus d'unification européenne. Un grand nombre de succès n'auraient pas pu être remportés sans la persévérance des députés du Parlement européen et leur engagement en faveur du renforcement de l'intégration, de la démocratie et de la transparence dans l'UE.
Dans l'exercice de la présidence, nous misons sur une coopération fructueuse et empreinte de confiance avec le Parlement européen. Jusqu'à maintenant, vous nous avez toujours soutenu de toutes vos forces, et je saisis cette occasion pour vous en remercier sincèrement.
Cela vaut également pour la préparation de la Déclaration de Berlin que nous voulons adopter le 25 mars. Il s'agit d'une déclaration commune des trois institutions: le Conseil européen, le Parlement européen et la Commission européenne.
Le Parlement européen et la Commission ont dès le départ participé activement à l'élaboration de la Déclaration. Monsieur le Président, je voudrais vous remercier, ainsi que tous les membres de cette haute assemblée, d'avoir accordé votre confiance à la présidence sur cette question importante et approuvé la procédure que nous avons proposée.
Mesdames, Messieurs,
Sous notre présidence, nous avons prévu de renforcer la confiance et l'adhésion des citoyennes et citoyens à l'Europe. Dans ce but, nous avons besoin du dialogue, et c'est pourquoi nous avons été ces dernières semaines et ces derniers mois tout particulièrement à l'écoute de ce que les citoyens pensent et attendent de l'UE.
Une chose est claire: si nous voulons rallier les citoyens à l'Europe, nous devons leur montrer à l'aide d'exemples concrets que l'unification européenne est dans leur intérêt. Ensuite, nous devons préparer l'Union européenne à assumer l'avenir et à proposer des solutions convaincantes.
Le Conseil européen des 8 et 9 mars a montré que l'UE est aussi capable d'agir avec 27 États membres, notamment dans des domaines, tels que la protection du climat et la politique énergétique, qui sont particulièrement importants pour les citoyennes et les citoyens.
Le succès du sommet du printemps nous rend confiants pour la suite de notre présidence. Nous avons le vent en poupe et voulons le mettre à profit pour la Déclaration de Berlin. Le message du sommet est le suivant: si nous, Européens, trouvons la force d'agir ensemble, nous pourrons construire activement notre avenir, notamment et surtout dans un monde confronté à des défis complètement nouveaux, dans un monde que la mondialisation et l'émergence de nouvelles superpuissances font changer à une allure vertigineuse.
La chancelière fédérale a présenté nos idées – telles que nous les avons développées avec les délégués du Parlement, de la Commission et des gouvernements nationaux dans des entretiens approfondis –, lors du dîner des chefs d'État et de gouvernement, le 8 mars dernier, auquel le président de la Commission, M. Barroso, et vous-même, Monsieur le Président, avez également assisté.
Le texte de la Déclaration n'est pas encore prêt. Le débat d'aujourd'hui est pour nous une nouvelle occasion de vous écouter pour prendre en compte vos propositions et vos idées pendant les jours qui nous restent d'ici la réunion à Berlin.
Nous souhaiterions élaborer un texte court et d'un seul jet formulé de manière à être compris des citoyens.
Quelles en seront les déclarations centrales?
Dans sa première partie, la Déclaration devrait rendre hommage à ce que nous avons accompli ensemble en Europe durant ces 50 dernières années. Il s'agit en particulier de la paix, de la stabilité et de la prospérité. Il s'agit aussi de la fin de la division du continent qui n'aurait pas été possible sans la volonté de liberté des populations d'Europe centrale et orientale – nous tenons à leur rendre tout particulièrement hommage.
Les formes et les principes de notre coopération font également partie des succès de l'unification européenne: la démocratie et l'État de droit, l'égalité des droits et des obligations des États membres, la transparence et la subsidiarité. Ces principes, dont nous pouvons également tirer une certaine fierté, font figure de modèles pour la coopération régionale dans d'autres régions du monde.
La deuxième partie de la Déclaration devrait proclamer notre attachement aux valeurs les plus importantes qui nous unissent au sein de l'UE: la dignité de l'homme, la liberté et la responsabilité, la solidarité mutuelle, la diversité, la tolérance et le respect. L'UE est plus qu'un espace économique commun. Elle est aussi une communauté de valeurs. Cette base qui repose sur des valeurs partagées et une conception commune de la vie est une condition importante de la capacité d'action de l'Europe en tant qu'unité politique.
La pièce maîtresse de la Déclaration portera sur la mise en œuvre des tâches de l'avenir auxquelles l'Europe et les Européens doivent s'atteler au XXIème siècle. Il s'agit notamment de l'énergie et de la protection du climat. Il s'agit aussi d'une politique étrangère et de sécurité européenne capable d'agir. Il s'agit de faire face avec efficacité aux menaces que font peser le terrorisme et le crime organisé sans restreindre pour autant les droits de l'homme et les droits civiques. Il s'agit de trouver des solutions communes à l'immigration illégale.
On pourrait continuer la liste. Cependant un message me semble particulièrement important si nous voulons renforcer à nouveau la confiance des Européens dans l'Europe. La liberté d'entreprise s'inscrit tout autant dans l'expérience européenne que les droits et les possibilités de participation des salariés. L'Europe incarne un modèle de société qui allie la compétitivité économique et la responsabilité sociale et écologique. L'UE a un visage social, et la Déclaration doit aussi l'exprimer clairement. Lors de leur dernière rencontre au sommet, les chefs d'État et de gouvernement européens ont clairement réaffirmé leur attachement à ces principes.
Mesdames, Messieurs,
Nous savons tous que le processus de réforme et de renouvellement de l'UE doit être poursuivi. Les prochaines élections au Parlement européen auront lieu en 2009. Les électrices et électeurs ont le droit de connaître les instruments et les moyens d'action dont l'UE doit alors disposer.
Nous souhaitons donc que la Déclaration contienne également un engagement commun d'en créer rapidement les conditions nécessaires.
Pour conclure, je voudrais dire encore ceci: le 50ème anniversaire est une chance pour nous tous. C'est une occasion de puiser de l'énergie pour les tâches qui nous attendent et de souligner ce qui nous unit. Utilisons le poids symbolique de cet anniversaire pour lancer un signal d'unité!
Ensemble, nous réussirons l'Europe! C'est la devise que nous nous sommes donnée pour notre présidence. La volonté, le courage et la détermination d'agir ensemble, voilà ce que les citoyens en Europe attendent de la politique européenne. Dans cet esprit, nous souhaitons poursuivre la deuxième partie de notre présidence. Je vous demande de bien vouloir continuer à nous apporter votre appui.
Je vous remercie.