Mardi soir (29 mai), les ministres des Affaires étrangères de la Troïka de l'Union européenne ont rencontré la délégation du Japon au ministère fédéral des Affaires étrangères. À la suite de la 8ème rencontre des ministres des Affaires étrangères de l'ASEM à Hambourg à laquelle avaient participé les 28 et 29 mai 46 délégations de ministres des Affaires étrangères d'Asie et de l'UE, les deux délégations avaient voyagé ensemble dans le train à grande vitesse allemand ICE reliant Hambourg à Berlin.
Lors de cet entretien, l'accent a été mis non seulement sur les relations sans problèmes et stratégiquement étroites entre l'Union européenne et le Japon mais aussi sur des questions régionales, globales et internationales d'actualité. En tant qu'acteurs économiques et politiques, le Japon et l'UE assument conjointement leurs responsabilités afin de relever les défis internationaux.
La délégation japonaise était dirigée par le ministre des Affaires étrangères Taro Aso et celle de l'Union européenne par le ministre fédéral des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier. La Troïka comprenait également la commissaire européenne aux relations extérieures et à la politique européenne de voisinage, Benita Ferrero-Waldner, et le Haut Représentant de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune, Javier Solana. Manuel Lobo Antunes, secrétaire d'État aux Affaires européennes du ministère portugais des Affaires étrangères, a pris part à l'entretien en tant que représentant du Portugal, qui est le prochain pays à assumer la présidence du Conseil de l'UE.
Le ministre fédéral Steinmeier s'est félicité, pour l'UE, du rôle actif que joue le Japon au sein des Nations Unies et de nombreuses autres organisations internationales. En ce qui concerne la question de la protection du climat, qui avait été centrale lors de la rencontre de l'ASEM à Hambourg, le ministre des Affaires étrangères Aso a souligné au nom de la partie japonaise le consensus existant entre le Japon et l'UE relatif à la création d'un cadre mondial qui incluerait tous les principaux émetteurs.
Les ministres des Affaires étrangères ont tous deux exprimé leur inquiétude quant à la stabilité et au développement en Asie centrale. L'UE présentera avant la fin de la présidence allemande une stratégie pour l'Asie centrale qui devrait résumer l'intérêt de l'UE pour une coopération renforcée avec cette région à travers des concepts clairs et transparents pour tous les partenaires. Le Japon s'engage aussi activement en Asie centrale de sorte qu'il a été décidé d'examiner des possibilités pour renforcer la coopération dans cette région. Les débats se sont concentrés principalement sur la promotion de structures propres à l'État de droit et sur le soutien commun pour une gestion de l'eau, primordiale pour l'Asie centrale.
Les deux partenaires ont accepté des responsabilités conséquentes pour la reconstruction et la stabilisation de l'Afghanistan. L'UE et le Japon partagent le même avis pour dire que la composante civile de l'intervention précisément revêt une importance de premier plan. À l'été 2007, l'UE enverra une mission de police européenne comprenant près de 200 participants et renforcera ainsi considérablement son engagement. Le Japon, comme on le sait, compte à l'heure actuelle aussi parmi les plus engagés dans le secteur de la sécurité. Les deux partenaires ont conclu de rester en contact pour élaborer d'autres possibilités de coopération.
L'UE et le Japon ont soutenu l'initiative du G8, à savoir inviter les ministres pakistanais et afghan des Affaires étrangères à la réunion d'aujourd'hui des ministres des Affaires étrangères qui se tient à Potsdam afin d'encourager des relations constructives de bon voisinage, indispensables pour la sécurité dans la région. Pour cela, il faut aussi disposer d'une protection plus efficace des frontières.
Aujourd'hui mercredi (30 mai), le gouvernement fédéral organise la rencontre des ministres des Affaires étrangères du G8 à Potsdam. La semaine prochaine (5 juin) aura lieu à Berlin le Sommet UE-Japon.