L'Union européenne et la Fédération de Russie ont tenu hier (3 mai) la cinquième session de leurs consultations intergouvernementales sur les droits de l'homme. Lors de cette rencontre qui a eu lieu dans une atmosphère ouverte et constructive, les participants ont abordé tant des questions concernant la situation actuelle des droits de l'homme dans l'UE et en Russie que des questions portant sur la protection des droits de l'homme au niveau international.
L'UE a mentionné, lors des consultations d'hier, une série d'inquiétudes quant à la situation des droits de l'homme en Russie, en particulier le droit à la liberté d'opinion et de réunion, surtout avant les élections législatives et présidentielles en Russie. Elle a aussi abordé la liberté de la presse, la situation des organisations non gouvernementales et de la société civile russes après l'entrée en vigueur de la loi régissant les activités des organisations non gouvernementales et de la loi sur l'extrémisme, le respect de l'État de droit et la situation en Tchétchénie. Les deux parties se sont en outre penchées sur le thème de la lutte contre la torture et les mauvais traitements.
À la demande de la Russie, l'UE a présenté les détails sur les développements actuels dans différents États membres de l'UE.
Les débats se sont aussi concentrés sur les obligations en matière des droits de l'homme incombant au niveau international à l'UE et à la Russie, parmi lesquelles la coopération dans le cadre des procédures spéciales des droits de l'homme des Nations Unies. On a également pointé la coopération au sein du Conseil de l'Europe, par exemple dans la question de la mise en oeuvre de ses décisions et recommandations et plus précisément de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme.
Conformément à sa politique visant à intégrer plus fortement la société civile dans le débat sur les droits de l'homme, la délégation de l'UE avait rencontré, à la veille des consultations entre l'UE et la Russie, des représentants d'organisations non gouvernementales russes.
La Troïka de l'UE était dirigée, au nom de la présidence allemande, par Günter Nooke, Délégué du Gouvernement fédéral à la politique des droits de l'homme et à l'aide humanitaire au Ministère fédéral des Affaires étrangères. Ont également participé aux entretiens pour l'UE Riina Kionka, représentante personnelle pour les droits de l'homme du Secrétaire général du Conseil et Haut Représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune Javier Solana, Gunnar Wiegand, directeur en fonction de la division Europe de l'Est, Caucase du Sud et Asie centrale de la Commission européenne ainsi que Susana Vaz Patto, directrice de la division Droits de l'homme de la prochaine présidence portugaise.
La délégation russe était placée sous la direction de Oleg Malginov, directeur du département pour la coopération humanitaire et les droits de l'homme au sein du ministère russe des Affaires étrangères.
Les consultations sur les droits de l'homme entre l'UE et la Russie ont eu lieu pour la première fois en mars 2005 à Luxembourg. Leur objectif est d'aborder des questions relatives aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales de manière ouverte et constructive. Conformément au principe de rotation, la prochaine rencontre devrait avoir lieu en Russie sous la présidence portugaise du Conseil de l'Union européenne.