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21.03.2007

"Le traité constitutionnel est beaucoup plus vivant que certains le pensent peut-être" - Interview donnée par le ministre fédéral des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, au journal "Berliner Morgenpost"


Steinmeier - Copyright: photothek

Interview donnée par le ministre fédéral des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, au journal "Berliner Morgenpost" (édition spéciale "L'Europe fête ses 50 ans"), le 21 mars 2007

1) Monsieur le ministre fédéral des Affaires étrangères, les Traités de Rome ont marqué, il y a cinquante ans, le début de l'intégration européenne. Sommes-nous aujourd'hui en présence d'une famille européenne ou plutôt d'une communauté d'intérêts relativement harmonieuse?

C'est comme pour tout dans la vie: nous sommes probablement à la fois l'une et l'autre. Une famille qui, lorsqu'elle ne partage pas le même avis, est capable de surmonter ses différences et de se mettre d'accord. Mais aussi bien sûr une communauté d'intérêts car nous savons tous, grands ou petits États membres, que chacun d'entre nous ne peut plus défendre seul ses intérêts face à la mondialisation. Nous ne pouvons affronter les autres grands blocs commerciaux qu'en unissant nos forces; l'Allemagne, la France ou la Grande-Bretagne seules n'y arriveraient pas. Il importe peu pour le climat mondial que Malte ou le Luxembourg décide de passer complètement aux énergies renouvelables. Par contre, si l'Union européenne dans son ensemble s'engage à produire 20% de son énergie à partir des sources renouvelables, c'est un message puissant.

2) L'Europe est synonyme de 50 ans de paix et de large prospérité. Toutefois, on constate depuis peu dans certains États une recrudescence des tendances protectionnistes. Cela vous inquiète-t-il?

L'incertitude a grandi avec la mondialisation. Le nombre de personnes augmente qui nous font de moins en moins confiance à nous, les politiques, et sur ce point il n'y a aucune différence entre Berlin et Bruxelles, pour réussir à gérer les changements vertigineux engendrés par la mondialisation. Ces soucis apportent aussi de l'eau au moulin des esprits protectionnistes. Cela est très sérieux, à mes yeux.

Ma réponse est la suivante: une Europe forte dotée d'une économie dynamique alliant compétitivité et responsabilité sociale et écologique est le meilleur atout pour réussir à préserver notre modèle de vie et de société européen.

3) Quels sont les défis majeurs que l'Union européenne aura à relever au cours de ces prochaines années?

À l'extérieur: la lutte contre  la prolifération des armes de destruction massive, la paix et le développement au Proche et au Moyen-Orient, la sécurité en matière d'énergie et de climat.

À l'intérieur: l'Union compte actuellement 27 États membres. Nous avons besoin de nouvelles règles qui nous permettent de continuer à prendre des décisions d'une manière rapide, transparente et démocratique.

4) Le traité constitutionnel semble mort. Par quoi va-t-il être remplacé?

Le traité constitutionnel est beaucoup plus vivant que vous le pensez peut-être. La constitution contient des nouvelles dispositions importantes en vue d'orienter davantage l'Union européenne en fonction des tâches d'avenir tout en la rendant plus démocratique et plus transparente. Les délibérations au sujet de la Déclaration de Berlin ont montré qu'il existe une volonté de refonder l'Union européenne. J'ai donc bonne confiance que nous parviendrons à surmonter les difficultés qui nous attendent et à préserver la substance du traité constitutionnel.

5) En supposant que nous arrivions au moins à préserver la substance du traité constitutionnel, nous aurions bientôt un ministre des Affaires étrangères de l'Union européenne. Ne serait-ce pas là un poste pour vous?

Allons, allons! Je me sens bien à Berlin et à Bruxelles, il n'y a pas de Morgenpost!



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Date: 27.03.2007