Embargo jusqu’au prononcé -
Seul le prononcé fait foi !
Il me tient particulièrement à cœur de faire du VIH/sida non seulement l’un des thèmes principaux de la présidence allemande, mais également l’une des priorités politiques de tous les gouvernements européens, de la Commission et de l’Europe tout entière. La lutte contre le VIH/sida est une affaire de dirigeants !
Car plus que pour tout autre thème en matière de politique de santé, nous devons, face aux proportions et à la menace pandémiques du VIH/sida, penser au-delà de nos frontières – au-delà des frontières nationales, des frontières de l’Union européenne et des frontières de l’Europe. Et nous devons également penser au-delà du champ de la politique de santé. C’est pour cette raison que dans les jours qui viennent, nous allons également nous pencher sur des questions liées à la politique de recherche, à la politique économique et à la politique de coopération au développement.
Seul un leadership politique fort nous permettra de remporter la lutte contre le VIH/sida. Ce n’est qu’en traitant ce thème au niveau politique le plus élevé – comme l’a fait la chancelière – que nous pourrons réussir. Et ce n’est qu’avec la société civile que nous parviendrons à endiguer le VIH/sida.
La lutte contre le VIH/sida est une course contre la montre. Par trop souvent, au cours des 25 dernières années, la politique de lutte contre le VIH/sida a vacillé, dans certaines parties du monde, et a perdu un temps précieux.
Nous ne pouvons nous permettre ni langue de bois, ni tiédeur si nous voulons empêcher la propagation de l’épidémie et de ses conséquences désastreuses sur l’économie et la société. Voilà les objectifs tout aussi ambitieux que raisonnables que la communauté internationale, l’UE et chacun des pays ici représentés se sont fixés. Nous voulons et devons venir à bout de l’épidémie – nous le devons notamment aux personnes concernées par le VIH/sida et à tous ceux qui contracteront le virus.
A condition de partager nos connaissances et de rassembler nos efforts, nous avons une chance de remporter la course.
Pour cette conférence, nous nous sommes également fixé un objectif ambitieux. Nous voulons nous entretenir, ici, aujourd’hui et demain, des prochaines mesures concrètes que nous devrons prendre pour stopper la propagation du VIH/sida.
Que devons-nous faire nous-mêmes, en tant que ministres, quelles instructions devons-nous donner à nos gouvernements et avec qui devons-nous coopérer ?
Situation de départ
La mauvaise nouvelle est la suivante : il n’existe toujours aucun moyen de guérir l’infection, et nous n’avons aucun vaccin contre le VIH/sida. La recherche a essuyé des échecs. En 2006, le nombre de nouveaux cas d’infection a continué d’augmenter dans de nombreux pays d’Europe de l’Ouest, dont l’Allemagne. Pire, encore : en Europe de l’Ouest, nous observons une dédramatisation injustifiée de la maladie, ce qui se répercute, malheureusement, sur les comportements. Quant à l’Europe de l’Est et à l’Asie centrale, le plus alarmant réside avant tout dans la progression rapide des nouveaux cas d’infection. Cela nous concerne tous. Nous ne voyons pas seulement le danger que représente la propagation du virus pour nos pays, nous voyons également – derrière les chiffres – la souffrance humaine.
Que faut-il faire ?
Les moyens dont nous disposons pour lutter contre le VIH/sida sont les suivants :
une volonté d’action politique, un leadership politique ainsi qu’une coordination et un soutien politiques à l’échelle européenne
des échanges d’expériences sur les informations relatives aux modes de transmission du virus et sur les approches préventives qui ont réussi
des médicaments à même de retarder l’apparition de la maladie et d’améliorer la qualité de vie des personnes concernées.
Nous devons toutefois veiller à ce que tous ceux qui en ont besoin reçoivent ces médicaments.
Prévention/traitement/recherche
Après plus de deux décennies d’expérience dans la lutte contre le VIH/sida en Europe, nous savons que la condition sine qua non d’une prévention réussie, qui permettra d’atteindre toutes les couches de la population, réside dans un rapport ouvert et non-discriminant à cette maladie.
Nous savons que nous ne réussirons à communiquer avec la population qu’à la condition de respecter les droits, la dignité et les besoins de tout un chacun – et ce, notamment dans la maladie. On ne peut réagir aux maladies sexuellement transmissibles par la répression. En revanche, toutes les personnes qui reçoivent des informations objectives et dénuées de préjugés sur les risques d’infection sont prêtes à se protéger et à protéger leurs partenaires. Dès lors, elles peuvent briser – délibérément – la chaîne de contamination.
Le VIH/sida ne s’arrête pas aux frontières. Toutefois, les bases d’une politique de prévention diffèrent considérablement d’un pays à l’autre. Nous avons donc besoin d’approches adaptées, avec une orientation stratégique claire et commune.
Il est tout à fait essentiel que nous nous entendions sur les éléments qui permettront de remporter la lutte contre le VIH/sida. Ces éléments comprennent la prévention, le traitement et le soutien apporté tant aux personnes vivant avec le VIH qu’à leurs collectivités et ce, dans le respect des droits de l’homme.
Il est tout à fait essentiel que nous nous entendions pour que la prévention du VIH ne soit pas isolée, mais soit traitée à une échelle interministérielle par la politique de santé, l’éducation et la recherche et la coopération au développement.
Ce qui vaut à l’échelle nationale vaut également pour Bruxelles. L’Union européenne a apporté des contributions essentielles à la lutte contre la pandémie du VIH, notamment avec l’implication et la participation de la société civile et des personnes touchées par le VIH. Les programmes-cadres de recherche de l’Union européenne peuvent compléter et renforcer la recherche dans les Etats membres.
Conclusion : société civile / leadership politique
Au regard des expériences positives de l’Allemagne, il me tient particulièrement à cœur qu’un message se dégage de cette conférence. Ce message est le suivant : que les gouvernements ici représentés s’engagent, pour lutter contre le VIH/sida, à coopérer dans la confiance et dans la complémentarité avec la société civile ; et qu’ils s’engagent à créer les structures qui permettront de le faire, afin – notamment – que les organisations des groupes menacés et des personnes touchées par le VIH puissent participer aux projets et aux mesures de lutte contre le sida.
Le message est également le suivant : ce n’est qu’avec un leadership politique fort et en déployant des efforts communs au-delà de nos frontières nationales que la lutte contre le VIH-sida pourra aboutir. Ensemble, nous pourrons assumer la responsabilité que nous avons notamment revendiquée dans la déclaration de Dublin et dans les objectifs de développement du millénaire. J’espère que cette conférence apportera une contribution à laquelle toutes les personnes ici présentes continueront d’œuvrer, notamment dans le cadre des présidences en équipe.