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Mars

12.03.2007

Discours prononcé par Ulla Schmidt, ministre fédérale de la Santé : Introduction au forum de partenariat


Mesdames et messieurs, J'ai le plaisir de vous accueillir chaleureusement, à l'occasion de ce grand forum européen caractérisé par sa diversité. Avec juste raison, ce forum de partenariat constitue l'ouverture de la conférence "Responsabilité et partenariat – lutter ensemble contre le VIH/sida", car, d'après nous, il s'agit de souligner, en vue de la lutte contre le VIH/sida, la valeur du partenariat entre l'État et la société civile, du partenariat entre les pays membres de l'Union européenne et leurs pays voisins ainsi que du partenariat entre les bien portants et les malades.

Mesdames et messieurs, vous êtes venus pour représenter des personnes vivant avec le VIH/sida. C'est vous qui avez eu l'idée de mettre sur pied ce marché des rencontres. Dès le début des préparations de la conférence, vous y avez participé et vous avez apporté vos suggestions – et ce dans un esprit de coopération permettant des synergies – même avant que la conférence n'ait commencé. Je vous en remercie vivement.

Un marché constitue toujours un lieu de rencontre, une place où l'on échange et achète des choses, où l'on jase, où l'on est vue, où l'on observe et imite les autres.

Cet intérêt, cette curiosité, cet échange et peut-être même l'adoption de quelques modèles représentent l'un des résultats que nous souhaitons obtenir par cette conférence. Nous voulons créer la possibilité de mener un dialogue, d'initier et d'approfondir celui-ci. C'est pourquoi j'ai prié mes homologues d'accueillir des représentants d'organisations non gouvernementales au sein de leurs délégations et de préparer les stands en coopération avec eux. Or, des groupes de personnes touchées par le VIH/sida constituent des partenaires indispensables au développement et à la mise en œuvre de mesures de prévention du VIH/sida.

Comme nous sommes confrontés à une maladie contagieuse qui touche, dans le monde entier, 40 millions d'hommes et de femmes et qui provoque, chaque année, 4 millions de nouveaux cas d'infection, ce sont, avant tout, les gouvernements qui sont sommés de protéger la population et d'assurer, aux personnes concernées, l'accès au soutient et au traitement. De nombreux gouvernements ont accepté cette responsabilité et ont élaboré des stratégies. Comme nous le verrons, dans un instant, pendant notre tour, il y a beaucoup de points communs par rapport aux stratégies, mais aussi des particularités... Le développement d'une stratégie de lutte contre le VIH/sida représente, en tant que telle, déjà un succès.

Nous connaissons tous les obstacles auxquels il faut faire face lors la réalisation de cette stratégie. C'est n'est qu'ensemble, en commun avec les personnes concernées et avec la société civile, que nous pourrons les franchir.

Comme nous ne sommes pas encore en mesure de guérir le sida, nous devons concentrer nos efforts sur l'empêchement de la contamination. Nous savons comment le faire; les recherches correspondantes sont plus avancées que pour d'autres maladies. Il ne faut qu'appliquer les règles de la prévention...

Comme une infection par le VIH/sida peut être évitée par un comportement responsable, tout un chacun doit connaître les voies de transmission. Même si, parfois, il n'est pas facile d'aborder des sujets tels que le sexe et les drogues: Il faut tout de même se servir d'un langage clair et compréhensible, respectant le contexte culturel respectif.

En Allemagne, la campagne "Ne donnez aucune chance au SIDA", qui résulte exactement de cette approche, existe déjà depuis 20 ans. L'essentiel, c'était toujours de faire passer le message "Oui au sexe – non au VIH/sida", de sorte qu'on touche autant de personnes que possible – sans exprimer de jugement moral. Une voie prometteuse consiste à briser des tabous en utilisant de l'humour – dans ce domaine, chaque pays a besoin de spécialistes de la communication qui savent, grâce à leurs recherches, ce qui est possible ou pas.

Parallèlement, il est nécessaire de s'adresser directement aux personnes particulièrement vulnérables. À cette fin, la coopération solidaire avec la société civile s'est avérée la voie royale. Les associations de lutte contre le sida contactent directement, par exemple, des consommateurs de la drogue et des prisonniers. En ayant recours à des plateformes sur Internet, ils combattent la tendance à minimiser, consciemment, le problème du VIH/sida. Je voudrais profiter de cette occasion pour remercier l'Association allemande d'aide pour le SIDA qui, en coopération avec ses associations au niveau des Länder, effectue, de façon ciblée, un travail de sensibilisation de la population en offrant son conseil. Pendant notre coopération de longue date, nous avons établi une relation de confiance, la base de notre modèle de prévention en Allemagne, réalisée en partageant les tâches. D'autant plus quand il s'agit de la prévention en vue des groupes particulièrement vulnérables, l´État nécessite le soutien d'acteurs de la société civile afin d'empêcher la propagation du VIH/sida.

Le VIH ne s'arrête pas automatiquement aux frontières. Des taux d'infection élevés dans un pays ont toujours des conséquences pour ses États voisins. C'est la raison pour laquelle notre préoccupation commune consiste à assurer que tous les pays réussissent dans leur lutte contre le VIH/sida.

L'Europe a déjà fait beaucoup  - dans le monde entier, mais surtout au sein de l'Union, afin que puissent coopérer les pays membres, mais aussi les pays voisins n'appartenant pas à l'Union ainsi que les organisations non gouvernementales. Je pense surtout au groupe de réflexion traitant le sujet du VIH/sida, fondé par la Commission européenne et se composant de représentants de tous les pays membres de l'UE, et au Civil Society Forum, un forum de la société civile qui établit un lien entre les différentes organisations non gouvernementales, ainsi qu'à la campagne lancée lors de la dernière Journée mondiale du sida quand un grand drapeau a été hissé, au bâtiment central de la Commission européenne à Bruxelles, affichant le slogan: "Sida - Ne m'oublie pas"

L'année dernière, l'Union européenne a créé le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC), qui joue un rôle important pour le recensement des données épidémiologiques sur le VIH/sida. À l'échelle européenne, ce sont aussi ces institutions-là qui apportent leur expertise à la lutte politique, médiatique et médicale contre l'épidémie du VIH/sida.

Ce qui est tout aussi important que le partenariat, c'est le transfert de connaissances. Lors de la suite de notre forum d'aujourd'hui, la Commission aura un rôle important à jouer en soutenant les pays membres dans l'échange de connaissances et d'expériences faites en luttant contre le VIH/sida. Il ne faut pas réinventer ce qui existe déjà, et – contrairement aux marchés économiques – nous offrons nos idées gratuitement à nos partenaires. Permission de copier sur l'autre, nous avons le droit d'imiter nos voisins, c'est même particulièrement important! J'aimerais bien que, en quittant Brème, nous ayons tous de nouvelles idées et des contacts avec de nouveaux partenaires de coopération, et que nos gouvernants se soient engagés à vaincre, tous ensemble, cette maladie.



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Date: 19.03.2007