Seul le texte prononcé fait foi!
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les membres de la Commission de l'agriculture,
Mesdames et Messieurs,
C'est pour moi une grande joie d'être ici aujourd'hui pour vous présenter le programme de travail de la présidence allemande de l'Union européenne.
Le Parlement européen joue un rôle décisif dans l'ensemble des institutions de l'Union européenne. Dans son travail de formation de la volonté et de prise de décisions, le Parlement a besoin d'informations de première main.
Tout d'abord, je souhaite cependant remercier chaleureusement mon prédécesseur finlandais, Juha KORKEAOJA, pour son travail remarquable.
L'Allemagne entend poursuivre les succès de la présidence finlandaise.
Je me félicite dans le même temps de ce que l'Allemagne peut se considérer pour les dix-huit mois à venir comme le membre d'une équipe qui relèvera les défis futurs aux côtés de ses amis portugais et slovènes.
Afin de nous affirmer face à la compétitivité internationale, nous avons besoin avant toutes choses d'une politique agricole compétitive et innovante.
La politique agricole joue aujourd'hui encore un rôle essentiel au sein de l'Union européenne.
Nous souhaitons la bienvenue à la Bulgarie et à la Roumanie, les deux derniers États du cycle d'élargissement aux pays d'Europe centrale et orientale, ayant fait suite à la chute du Rideau de fer qui divisait l'Europe.
L'Europe des 27 s'étend désormais sur une surface agricole utile de 183 millions d'hectares.
12,9 millions d'Européens travaillent dans les secteurs de l'agriculture, de la sylviculture et de la pêche. Désormais, nous sommes ensemble responsables de toutes ces personnes.
La Roumanie compte à elle seule 3 millions de personnes et plus de 4 millions de micro-entreprises dont l'activité principale est l'agriculture.
Les agriculteurs consacrent cependant beaucoup de temps et d'argent aux obligations administratives, aussi bien en Allemagne que sur l'ensemble du sol européen.
J'ai moi-même, au ministère fédéral de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Protection des consommateurs, entrepris des mesures systématiques de débureaucratisation.
Les obligations de rapports ont été réduites, 12 lois fédérales et 53 règlements ont été supprimés.
La débureaucratisation ne doit cependant pas seulement s'opérer à l'échelon national mais s'étendre également à l'échelon européen. Durant sa présidence de l'UE, l'Allemagne souhaite donc progresser sur la voie de la réduction de la bureaucratie.
Nous aspirons à moins de contraintes bureaucratiques afin de laisser davantage de champ libre aux innovations et aux investissements.
Dans cette perspective, la présidence allemande de l'UE s'attachera donc tout particulièrement à simplifier la Politique agricole commune (PAC) en veillant notamment à aménager de manière plus adaptée aux réalités du terrain la pratique du principe d'écoconditionnalité.
Nous nous sommes par exemple fixé comme objectif de rendre les contrôles aussi efficaces et praticables que possible.
Mais une simplification de la Politique agricole commune passe aussi par le regroupement des organisations de marché existantes en une organisation commune unique.
Un autre dossier que nous souhaitons faire progresser durant la présidence allemande de l'UE est la promotion de nos zones rurales. Car c'est dans les campagnes que bat le cœur de l'Europe.
Plus de la moitié de la population de l'Union européenne habite en milieu rural.
Les zones rurales sont la source même de nos moyens d'existence, en l'occurrence les denrées alimentaires et les ressources naturelles.
Il est donc de notre devoir d'exploiter davantage encore le potentiel de ces personnes et de la région dans laquelle elles vivent et travaillent.
Les zones rurales attractives de l'Europe forment l'indispensable contrepartie des zones urbaines.
À mes yeux, l'un des instruments indispensables au développement rural est le deuxième pilier de la Politique agricole commune.
Ce dernier devrait, d'une part, compléter les réformes de la Politique agricole commune et, d'autre part, accroître la croissance et l'emploi dans les zones rurales.
En ce sens, le deuxième pilier contribue de manière décisive à la mise en œuvre de la stratégie remaniée de Lisbonne.
Parallèlement, il est également indispensable à la réalisation des objectifs de durabilité environnementale définis à Göteborg. Combiner fortes performances économiques et exploitation durable des ressources naturelles est une priorité d'aujourd'hui et de demain.
Je regrette donc infiniment la décision du Parlement européen de placer dans la réserve 20 % des fonds du FEADER pour l'exercice budgétaire de 2007.
En chiffres, cela représente environ 2,4 milliards d'euros en crédits d'engagement, soit 1,20 milliards d'euros en crédits de paiement qui, dans un premier temps, ne pourront pas être alloués à de nouvelles mesures de développement rural au sein de l'Union européenne.
J'ai bien entendu conscience des pouvoirs budgétaires du Parlement.
Il s'agit là d'une compétence centrale et extrêmement importante du Parlement européen.
Je suis cependant persuadé que nous poursuivons un objectif commun en matière de promotion des zones rurales et que nul ne contestera, en principe, le plafond financier du deuxième pilier.
Je comprends tout à fait le souhait du Parlement européen désireux de voir ses intérêts davantage pris en compte, d'autant que je suis moi-même depuis longtemps un parlementaire convaincu.
Je puis vous assurer que l'Allemagne, en sa qualité de présidente en exercice de l'Union européenne, travaillera en étroite coopération avec le Parlement européen.
Mesdames et Messieurs, efforçons-nous d'éviter que les personnes vivant dans les zones rurales n'aient à payer des différences d'opinions sur la question entre le Parlement et le Conseil.
J'en appelle donc à vous tous pour que les 20 % gelés soient débloqués pour permettre la réalisation des multiples tâches inscrites dans le deuxième pilier.
Car l'« âme de l'Europe » réside tout particulièrement dans les régions européennes. La promotion de celles-ci tient particulièrement à cœur de la présidence allemande de l'UE.
Les zones rurales présentent de grandes richesses sociales, paysagères et culturelles, richesses dont nous reprenons conscience aujourd'hui.
À cet égard, je pense aussi au rôle traditionnellement éminent que les zones rurales jouent dans notre secteur agro-alimentaire européen.
Par ailleurs, les zones rurales recèlent un potentiel économique considérable.
Par exemple, les investissements dans les nouvelles technologies ou encore l'utilisation innovante des produits agricoles traditionnels permettront de fournir aux paysans, hommes ou femmes, de toutes nouvelles sources de revenus.
Je citerai entre autres les multiples possibilités qu'offrent la culture et l'exploitation des matières premières.
Ces dernières années, les secteurs de l'agriculture et de la sylviculture en Europe se sont préparés avec brio à la culture et au traitement de matières premières renouvelables.
À présent, nous devons poursuivre, de manière systématique, le chemin jusque-là parcouru.
Les matières renouvelables peuvent par exemple apporter de bonnes solutions à l'un des plus grands défis du XXIe siècle, à savoir la mise en place d'une politique énergétique durable et écologique.
Durant sa présidence de l'Union européenne, l'Allemagne souhaite donc développer davantage les matières premières renouvelables afin de contribuer activement au plan d'action européen sur la politique énergétique. Notre objectif est, d'un côté, de trouver des solutions au problème climatique et, d'un autre côté, de réduire la dépendance énergétique de l'Europe.
Les récentes évolutions ont montré à quel point ce dossier était important.
La question énergétique n'est cependant pas le seul défi global auquel devra faire face l'Union européenne.
Ainsi que je l'ai dit au début de mon discours, l'objectif global de la présidence allemande est de renforcer la compétitivité du secteur agricole européen et des régions.
Dans ce contexte, nous entendons poursuivre le processus de développement et de réforme engagé.
À notre programme figurent également la réforme des organisations de marché pour les fruits et légumes, le lancement de la réforme du marché viticole, la réforme des boissons spiritueuses ainsi que la réforme de la réglementation concernant l'agriculture biologique.
L'objectif est toutefois de fusionner les 21 organisations communes de marché existantes en une organisation de marché unique sans pour autant altérer la substance des instruments actuellement en place, le but visé étant de rendre la Politique agricole commune plus lisible et plus cohérente dans son ensemble.
Par ailleurs, la présidence allemande accorde une grande importance au succès des négociations commerciales de l’OMC qui ont repris.
La poursuite et le renforcement d'une politique commerciale multilatérale est également dans l'intérêt du secteur agro-alimentaire européen. Nous avons besoin d'un ordre commercial mondial avec des règles équitables pour toutes les parties intéressées. Telle est la garantie d'un équilibre durable des intérêts.
En tant que présidence, il sera de notre devoir, lors des négociations de l'OMC, de soutenir la Commission européenne dans le cadre de son mandat de négociatrice.
L'Union européenne a dû renoncer à de nombreuses exigences lors des négociations agricoles. La présidence allemande s'emploiera donc à ce que des progrès notables soient réalisés dans le domaine des produits industriels et des services, ce qui justifierait les concessions faites jusqu'ici dans le cadre du compromis agricole.
La présidence allemande s'oppose à un cycle qui ne porterait que sur l'agriculture.
Mesdames et Messieurs,
Comme vous pouvez le constater, nous nous sommes fixé de nombreux objectifs et nous aurons besoin de beaucoup d'énergie et de créativité pour les réaliser.
J'appelle donc de mes vœux une bonne coopération en particulier avec vous, les députés du Parlement européen. J'ai bon espoir que nous parviendrons ensemble à des résultats positifs.
Car telle est la devise de la présidence allemande de l'Union européenne :
Ensemble, nous réussirons l'Europe !