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Février

26.02.2007

Discours de la ministre fédérale de l’éducation et de la recherche, Dr. Annette Schavan, à l’occasion de la réception donnée pour la conférence inaugurale du Conseil européen de la recherche le 26 février 2007 à Berlin


Seul le texte prononcé fait foi !

Mesdames et Messieurs,

La conférence inaugurale du Conseil européen de la recherche et la séance constitutive de son Conseil scientifique ouvrent un nouveau chapitre de la politique européenne de soutien à la recherche.

Je vous souhaite la bienvenue à Berlin et suis très heureuse que cet événement européen majeur se déroule pendant notre présidence du Conseil de l’UE.

Le travail du Conseil scientifique sera marqué par ce que l’Allemagne a expérimenté avec succès : une science indépendante dans ses choix des talents et des projets à soutenir. C’est là la condition de l’excellence scientifique, qui est le seul critère d’attribution des aides financières. Au sein de la compétition européenne, les meilleures idées l’emporteront. Voilà qui justifie la souveraineté de la science sur la politique.

De son côté, la politique y gagne, elle aussi. Elle se libère d’attentes d’un autre ordre, qui nuisent au critère de l’excellence. Et elle gagne également en souveraineté, en faisant confiance à la science.

L’avènement du Conseil européen de la recherche est le résultat d’une bonne coopération entre la politique et la science. La science en a donné le coup d’envoi ; la politique l’a mis en œuvre. D’éminentes personnalités du monde scientifique des pays membres constituent le Conseil scientifique. Je remercie mes collègues des pays membres de l’Union européenne d’avoir lancé ce signal fort à la science et je remercie les membres du Conseil scientifique pour leur disposition à s’investir dans cet organe central de la politique de recherche européenne. Je suis convaincue que le Conseil européen de la recherche deviendra l’une des institutions clés de l’Union européenne.

Le nouveau chapitre de la politique européenne de soutien à la recherche pourrait également devenir un nouveau chapitre dans le développement de l’Union européenne, car la recherche et l’innovation sont des facteurs stratégiques essentiels pour la compétitivité de l’Europe. Cela figure dans la stratégie de Lisbonne – dont la réalisation dépendra avant tout de l’engagement dont feront preuve les pays membres et les entreprises d’Europe pour investir dans la recherche et le développement. C’est là que se trouvent la clé de nos perspectives d’avenir, la clé d’une plus grande prospérité et la clé de la participation sociale. En mettant l’accent sur toute la chaîne de création de valeur ajoutée, nous travaillons à la construction de nouveaux ponts entre la recherche et l’innovation.

Un espace réservé aux visions, au risque, aux meilleurs et aux talents de l’Europe : c’est ainsi que nous comprenons la nouvelle possibilité de soutenir la recherche fondamentale. L’Europe est dans une course internationale aux talents. Nous devons donc nous doter de structures qui nous permettront de réussir, tout en trouvant les idées qui renforceront l’espace européen de la recherche et le rendront attractif. Le Conseil européen de la recherche fait partie intégrante d’une Europe compétitive sur la scène internationale de la recherche.

Pour commencer son travail, le Conseil scientifique a mis l’accent sur une dimension importante : l’encouragement des jeunes talents très prometteurs. En avril, les inscriptions des jeunes chercheurs seront closes. Cette ligne de soutien financier représente un signal fort pour les jeunes talents européens. Nous voulons leur offrir des perspectives au sein de l’Union européenne tout en assurant la promotion de l’Europe dans la course internationale aux talents.

Cet accent aura des effets tout aussi durables que la redéfinition des priorités de la politique de soutien à la recherche : pour la première fois dans l’histoire des programmes-cadres de recherche, cette politique accorde la priorité, à l’échelle européenne, à la recherche fondamentale et non plus seulement à la recherche industrielle.

En soutenant des projets qui portent sur des sujets libres et s’inscrivent dans la recherche exploratoire, nous créons – au sein de l’Union européenne – un instrument qui va nous permettre d’identifier les éléments les plus créatifs. Nous allons sélectionner les meilleurs chercheurs et leur offrir un soutien ciblé. Cette distinction décernée par le Conseil européen de la recherche va lancer une dynamique sans pareille, non seulement en Europe mais également à l’échelle internationale.

Avec le 7e programme-cadre de recherche, nous rassemblons les efforts de recherche à l’échelle européenne et établissons une plateforme centrale pour les sujets de recherche les plus importants. Le 7e programme-cadre de recherche n’est pas seulement le programme de soutien à la recherche le plus vaste au monde, il est avant tout une contribution essentielle à la réussite de la politique d’innovation et de recherche en Europe. Avec un budget de 54 milliards d’euros, il est, à ce jour, le programme-cadre qui se voit accorder la plus longue durée et les moyens financiers les plus élevés. Pourtant, cela ne suffit encore nullement à réaliser toutes les ambitions de la politique de recherche. Au-delà de 2013, nous aurons besoin de taux de croissance encore plus élevés.

La durée prolongée du programme-cadre accorde plus de place à la continuité des sujets et des procédures. Désormais, nous disposons d’une bonne base pour poursuivre le développement de l’espace européen de la recherche.

« Nous ne pouvons nous arrêter quand autour de nous le monde entier est en mouvement », écrivait Jean Monnet dans ses Mémoires. 50 ans après la signature des traités de Rome, la focalisation sur les forces innovantes de la recherche et du développement en Europe fait partie intégrante du processus d’approfondissement que connaît l’Union européenne et qui en renforce à la fois la stabilité interne et le rayonnement dans le cadre de la concurrence internationale. Voilà la raison pour laquelle j’affirme que le nouveau chapitre de la politique de soutien à la recherche représente également un nouveau chapitre dans l’évolution de l’Union européenne.

Je remercie tous ceux qui y ont contribué. Je suis heureuse que le professeur Winnacker assure la fonction de premier secrétaire général du Conseil européen de la recherche et lui adresse, à lui et aussi à vous qui en êtes le président, cher professeur Kafatos, ainsi qu’aux membres du Conseil scientifique, tous mes vœux de réussite.

 



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Date: 27.02.2007