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Février

22.02.2007

Discours prononcé par la chancelière fédérale Angela Merkel


Madame la Ministre fédérale, chère Madame Wieczorek-Zeul, Monsieur le Vice-président de la Banque mondiale, Chers Collègues les chefs de gouvernement, Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureuse d'être présente aujourd'hui à l'inauguration de cette conférence. Je salue vivement le fait que l'Allemagne et la Banque mondiale coopèrent étroitement et qu'elles ont permis l'organisation de cette conférence conjointement avec l'OCDE et nos amis britan­niques, danois et norvégiens. Je me réjouis naturellement que cette conférence ait rencontré un accueil aussi favorable et que des représentants venus des quatre coins du monde y prennent part.

J'aimerais attester par ma présence qu'en tant que chancelière fédérale, mais aussi en tant que présidente du Conseil de l'UE ce semestre et que présidente du G8 durant toute l'année, je soutiens pleinement la mise en œuvre du "Plan d'action pour la parité hommes-femmes". Je pense pouvoir dire qu'au sein du gouvernement fédéral, nous avons beaucoup de pain sur la planche.

Que l'année 2007 ait également été baptisée "l'année européenne de l'égalité des chances pour tous" s'intègre parfaitement dans le tableau. Cela nous encourage, au sein du gouvernement fédéral, à nous mobiliser avec nos partenaires européens tout particulièrement en faveur de la parité dans tous les domaines de la vie, et ce, comme Madame Wieczorek-Zeul vient de le dire, en Allemagne, en Europe et dans le monde.

Permettez-moi tout d'abord de jeter un regard sur l'Allemagne. Depuis la création de la Répu­blique fédérale d'Allemagne, nous avons ancré l'égalité en droits des femmes et des hommes à l'article 3 de notre Loi fondamentale. "Hommes et femmes sont égaux en droits" – cette phrase s'entendait sans aucune restriction. Pourtant, au terme d'une vaste discussion, on en est venu, 45 ans après l'adoption de la Loi fondamentale, à ajouter une phrase à cet article 3. Dans la Loi fondamentale allemande, à savoir dans notre constitution, on peut lire aujourd'hui: "L'État promeut la réalisation effective de l'égalité en droits des femmes et des hommes et agit en vue de l'élimination des désavantages existants." Cela signifie que 45 ans après l'entrée en vigueur de la Loi fondamentale, on a fait le bilan de la situation avec pragmatisme et admis implicitement qu'il existe des désavantages. On s'est en quelque sorte imposé une politique active. Cela signifie que nous en avons fait désormais un objectif d'État programmatique.

Mais cela ne suffit pas pour garantir que dans notre vie pratique, au quotidien, la parité fonc­tionne comme nous l'imaginons. Nous savons tous qu'il s'agit aussi d'une tâche incombant à la société dans son ensemble, que cela entraîne toujours par ailleurs un changement du rôle de l'homme – je dirais même un changement positif plutôt que négatif. Or, la parité ne peut être considérée isolément comme une politique féminine, comme si elle ne se rapportait qu'à la moitié de la population. Il s'agit d'une politique qui a des répercussions sur l'ensemble de la société.

Lorsque je dis qu'il s'agit d'une tâche pour l'ensemble de la société, cela ne signifie pas que la politique puisse décliner toute responsabilité à ce sujet. La politique doit bien entendu appor­ter sa contribution à ce que les conditions-cadres soient telles que la parité soit possible. Je crois que le gouvernement fédéral a conscience de sa responsabilité. Nous avons un grand nombre de lois sur la parité dans l'administration fédérale. Nous avons réalisé des progrès considérables dans la répartition des postes au sein des institutions. Madame Wieczorek-Zeul a évoqué le passage de 8 % à 27 % de postes occupés par des femmes au sein de son ministère. Il en va de même dans de nombreux ministères fédéraux.

Il faut bien reconnaître que le concept "paritarisme" (Gender Mainstreaming) a connu une évolution sémantique entre la période où j'étais ministre des Femmes – de 1990 à 1994 – et le début du XXIème siècle. Laissons de côté la question de savoir si cette évolution a permis d'améliorer la compréhension générale de la politique sur la parité. Quant à moi, je sens que je commence à m'habituer au concept. Mais cela prendra encore du temps, je crois, avant qu'il ne soit complètement usité dans notre pays. Ce concept décrit en tout cas un principe directeur et une manière d'agir, c'est-à-dire que nous voulons tenir compte, dans tous les projets que nous réalisons, des différences entre la condition féminine et masculine. Il s'agit dès lors d'une tâche constante qui concerne tous les domaines de l'action politique.

Nous savons que les lois à elles seules ne représentent pas toujours la solution – je ne dis pas qu'elles ne le sont "pas du tout", mais elles ne le sont en tout cas pas toujours. Parfois, les lois n'encouragent même pas forcément l'évolution naturelle de la société, mais font toujours apparaître une certaine tendance, en fin de compte, à les esquiver quelque peu. C'est la raison pour laquelle je crois que les sociétés libérales devraient avoir suffisamment d'assurance pour pouvoir compter sur leur propre volonté, et pas seulement sur leur législation. De l'autre côté, nous ne devons pas non plus surestimer cette volonté au point de ne plus jamais l'évoquer. Ce serait une grossière erreur. Mais "l'étalonnage des performances", les "meilleures pratiques", les échanges d'expériences sont autant de possibilités envisageables. Entre-temps est apparu un climat dans lequel il serait inacceptable qu'un ministère fédéral, par exemple, n'ait aucune femme à la tête de ses divisions, comme c'était encore le cas au début des années 90.

À l'heure actuelle, pouvoir concilier la vie professionnelle et familiale est certainement l'une des questions-clés concernant l'égalité en droits des femmes et des hommes dans la société. L'année dernière, le gouvernement fédéral a introduit le salaire parental, s'inspirant entre autres des modèles scandinaves. Mon parti a récemment reçu la visite du premier ministre suédois qui nous a confié qu'en Suède, les congés de paternité ont été pris principalement durant la Coupe du monde de football – mais je crois qu'on ne peut pas généraliser. Cela ne peut pas être la solution visée par le principe d'égalité en droits des hommes et des femmes. En tout cas, la Coupe du monde est révolue et le salaire parental en Allemagne vient à peine d'entrer en vigueur.

Ce qui a fait naître chez nous le grand débat social sur le salaire parental, c'est une question que je trouve personnellement très intéressante, à savoir donner au père également la possi­bilité de prendre en charge l'éducation de ses jeunes enfants pendant une période allant de deux à douze mois, au choix. Il s'agit d'un processus de transformation sociale incroyable parce que tout à coup, les pères s'adressent à leur employeur pour demander un congé, ce qui nécessite beaucoup plus de courage pour un père que pour une mère dans notre société. La parité ne signifie pas que les choses sont forcément plus difficiles pour les femmes et plus faciles pour les hommes, mais il est toujours plus simple d'agir quand on suit le courant. Nous voulons ici imposer un changement. Je pense que cela profitera à la société dans son en­semble.

Un autre thème dont on discute actuellement est la garde des enfants. Ces dix dernières années, nous en sommes venus à accepter, au sein de la société, qu'il était juste que tout enfant de plus de trois ans ait droit légalement à une place dans un jardin d'enfants. Le débat porte aujourd'hui sur la question suivante: qu'en est-il de la garde des enfants de moins de trois ans?

Nous défendons un principe commun à tous les partis, à savoir la liberté de choix. Les parents doivent pouvoir décider de la façon dont ils organisent leur vie professionnelle et familiale durant la période où leurs enfants sont en bas âge. La liberté de choix signifie aussi la liberté du choix. Et la liberté du choix implique que l'on ait la possibilité de choisir. Si, dans les anciens Länder, il n'y a de places d'accueil que pour 7 % des enfants de moins de trois ans, de nombreux parents n'ont en réalité pas la possibilité de choisir. Dans les nouveaux Länder, la situation est différente, avec près de 40 % de places dans les établissements de garde d'enfants – une bien meilleure garantie de la liberté de choix.

Ces prochains jours, vous vous concentrerez également sur les problèmes qui se posent dans d'autres parties du monde, des problèmes qui sont parfois vraiment dramatiques. Mais l'Alle­magne est un pays dans lequel 40 % des femmes titulaires d'un diplôme universitaire n'ont pas d'enfants. Nous ne pouvons vraiment pas en être satisfaits. C'est pourquoi nous devons y réfléchir. Je suis la dernière à penser qu'il existe une solution unidimensionnelle au problème. Mais sans établissements de garde d'enfants et sans la possibilité de concilier la vie profes­sionnelle et familiale, le désir d'avoir des enfants et de fonder une famille ne risque pas d'aug­menter.

Nous avons besoin d'un environnement professionnel plus favorable à la famille. Telle est aussi l'une des tâches majeures qui poseront de gros problèmes à de nombreux pays sur le point de passer d'une société agraire à une société industrialisée, c'est-à-dire une société où le lieu de travail est éloigné du foyer familial et où la garde des enfants n'est plus systématique­ment possible. Ici aussi, nous pouvons dire que nous avons encore du pain sur la planche.

Nous savons qu'à l'heure actuelle, de plus en plus de femmes choisissent de se mettre à leur compte. Les femmes qui travaillent dans des banques savent qu'accorder un crédit à une femme n'est pas synonyme de risques. J'espère qu'on en parlera ici aussi. 28 % des indépen­dants en Allemagne sont des femmes. C'est réjouissant. Par contre, on ne trouve pratiquement pas de femmes dans les conseils de direction des 30 plus grandes entreprises allemandes, les entreprises dites du DAX, ce qui traduit un vaste retard par rapport à la réalité politique. C'est donc aussi pour nous une tâche majeure. Certaines choses demandent du temps, mais nous devons aller de l'avant.

Vous ne parlerez pas uniquement de l'Allemagne et c'est très bien. Mais je voulais souligner, au début de cette conférence, que nous pouvons tous apprendre les uns des autres. Il ne s'agit en aucun cas d'un thème qui concerne uniquement d'autres régions du monde. Cela nous inté­resse tous.

Bien entendu, si nous regardons par-delà nos frontières, nous avons besoin d'objectifs bien définis, de stratégies, de projets et des ressources nécessaires pour abolir les discriminations liées au genre et permettre une participation égalitaire à la vie politique, économique et publique. C'est pourquoi il est particulièrement intéressant que de nombreux collègues afri­cains soient venus à cette conférence et que l'Union africaine ait décidé clairement de pro­mouvoir l'égalité en droits des femmes et des hommes. Je crois qu'un débat très important pour nous a ainsi été lancé.

Nous voulons accorder à notre continent voisin une attention toute particulière durant la présidence allemande du G8 également. Mais nous ne pouvons le faire que si le continent afri­cain se montre disposé à l'accepter. Je pense que nous devons considérer cette coopération comme un jeu à somme positive et non comme une sorte de diktat qui ne fonctionnerait pas. C'est pourquoi une discussion ouverte est aussi l'une des grandes possibilités qu'offre une telle conférence.

Je pense ne pas aller trop loin en affirmant que la culture et la dimension de genre influencent le quotidien sur le continent africain au moins autant qu'en Europe. C'est pourquoi la décision de l'Union africaine est tellement importante. Je discuterai longuement de ce sujet lors de mes entretiens avec le président du Ghana qui est aussi actuellement le président de l'Union afri­caine. Nous aurons cette année de multiples occasions de le faire.

Nous pouvons nous réjouir du fait qu'il n'y a pas que des mauvaises nouvelles – je ne parle pas ici uniquement de l'Afrique, mais du monde entier. En 1987, 9 % des sièges parlemen­taires dans le monde étaient occupés par des femmes; aujourd'hui, ce chiffre est quand même de 17 %. Cela n'est pas suffisant, mais il s'agit d'un progrès considérable.

Nous avons vu que les femmes peuvent accomplir de grandes choses dans l'économie, un thème essentiel qui sera abordé lors de cette conférence. Les avant-gardistes tels que le Prix Nobel de la paix de cette année, Muhammad Yunus, l'ont compris depuis longtemps. Cela n'est pas resté une théorie chez lui, mais il a montré en pratique avec sa "Grameen Bank" comment miser judicieusement sur les femmes dans la lutte contre la pauvreté, ce qui a en­suite des répercussions fondamentales sur l'ensemble de la réalité familiale. Les femmes sont des emprunteurs fiables. Je n'aime pas prononcer de telles phrases parce qu'en fait, on n'en attend pas moins. En tout cas, les femmes sont à mon avis très bonnes en affaires.

Par ailleurs, nous sommes très heureux de rencontrer Muhammad Yunus en mai prochain pour un échange d'expériences et de l'écouter parler de son travail. Il met en pratique la théorie élaborée par des économistes et philosophes tels que M. Sen, un autre Prix Nobel de la paix originaire d'Asie et grand défenseur de la participation des femmes aux structures éco­nomiques. Cela signifie que tout ne dépend pas de la quantité des ressources économiques, mais entre autres de l'esprit dans lequel elles sont distribuées et de la façon dont les droits et les libertés sont conçus.

Je crois qu'il s'agit là de l'une des discussions intéressantes menées actuellement avec la Banque mondiale. Je crois en effet que la Banque mondiale a elle aussi tiré les leçons du passé. Le processus d'apprentissage s'y déroule toujours en quelque sorte avec mesure, si je compare avec le FMI où le processus d'apprentissage est au moins aussi important qu'il ne l'est ou qu'il ne devrait être à la Banque mondiale. Je dis ceci en toute prudence. Il faut s'exprimer de manière diplomatique afin que chacun nourrisse l'espoir que la situation puisse s'améliorer.

Je crois en outre – et nous le savons aussi de notre président fédéral actuel –, que la coopé­ration entre les différents instituts financiers est étroite. En effet, quel est l'intérêt que l'un d'eux élabore des concepts économiques pour les pays plus pauvres de la planète et les autres conçoivent une coopération au développement si cela ne correspond pas. Je viens de l'obser­ver dans le cas du Liban, mais les autres exemples ne manquent pas: la façon de combiner la croissance, la lutte contre la pauvreté et le développement économique transparent est l'une des questions les plus passionnantes.

Ici aussi, je peux attirer l'attention sur un débat que nous menons en Allemagne. Nous avions un énorme déficit budgétaire et avons dû prendre une décision au début de notre mandat: assainir et investir ou tout d'abord assainir et n'investir qu'un peu? Nous avons convenu d'une mesure qui était loin d'être facile, à savoir augmenter la TVA de 3 % et ne pas nous engager sur la voie exclusive de l'assainissement. D'après ce que nous voyons – ce n'est pas encore terminé, nous devons continuer d'observer la situation –, la voie de l'assainissement et de l'investissement combinés à des réformes nous mène dans la bonne direction. Il s'agit d'un thème qui peut bien entendu être débattu dans tous les pays.

La République fédérale d'Allemagne s'engage en politique de développement, cela ne fait pas de doute. Nous voulons que les libertés des hommes et des femmes soient respectées. La double présidence nous offre une chance merveilleuse d'œuvrer dans ce sens. Je serais heu­reuse que les conclusions du Conseil en matière de coopération au développement adoptées durant la présidence allemande portent également sur la promotion de la parité, et j'espère que cela sera le cas.

Je l'ai déjà dit, l'Afrique est pour nous un thème prioritaire. Nous convierons au sommet du G8 non seulement les participants de la rencontre avec les pays invités – à laquelle prendront part le Mexique, le Brésil, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud –, mais aussi les pays fon­dateurs du NEPAD et la présidence de l'Union africaine, afin de souligner que l'Afrique béné­ficie de notre attention particulière.

Lors des réunions du G8, beaucoup de choses ont été accomplies en faveur de la coopération avec l'Afrique – des initiatives de désendettement, des réformes politiques, économiques et sociales. Si l'on se penche uniquement sur les initiatives de désendettement, on peut dire que des progrès énormes ont été réalisés au cours des huit ou neuf dernières années. La coopé­ration au développement a été consolidée au niveau quantitatif et qualitatif. Bien entendu, le partenariat de réforme des États du G8 avec l'Afrique doit être poursuivi. C'est la raison pour laquelle l'Afrique est l'une des priorités du sommet de cette année.

Je me félicite grandement de la stratégie de l'UE pour l'Afrique adoptée en décembre 2005. Elle traduit clairement l'engagement de l'Union européenne en vue de contribuer activement à la réalisation des objectifs du Millénaire. Comme nous le constatons dans le domaine de la migration, nous sommes vraiment des voisins et nous ne pouvons plus dire aujourd'hui, dans un univers mondialisé, que certains problèmes nous concernent et que les autres sont les problèmes des autres continents. La mondialisation ne signifie rien d'autre que devoir nous préoccuper tous ensemble des problèmes de cette planète.

Nous sommes tous confrontés à une question qui est peut-être la question politique clé du XXIème siècle: pouvons-nous façonner la mondialisation à l'aide de la politique ou ne faisons-nous que nous laisser porter par les événements de la mondialisation? Le grand nombre d'opposants à la mondialisation nous montre combien d'inquiétudes et de craintes sont liées au phénomène que nous appelons la mondialisation. Nous devons trouver une voie per­mettant de combiner le travail des organisations internationales et l'action nationale et régio­nale. Personne ne souhaite un gouvernement mondial. Mais prétendre que l'on peut encore, en Allemagne, concevoir une économie sociale de marché comme aux premières heures de la République fédérale, sans prendre en compte le contexte international, serait fermer les yeux face aux chances que ce contexte international nous offre dans le monde entier.

Une autre réalité est que l'Internet a rendu beaucoup de choses transparentes, que l'on peut aujourd'hui à n'importe quel moment et depuis n'importe quel endroit déterminer qui offre quoi à quel prix. Entre-temps, on observe déjà des délocalisations d'emplois de la Chine vers l'Afrique. En d'autres termes, le travail fait le tour du monde. Si nous ne nous mobilisons pas en commun contre le travail des enfants et en faveur de normes pour l'emploi et de normes écologiques de base, les postes de travail vont se mettre à courir le monde. Ensuite, nous devrons unir nos forces pour limiter les dégâts. Il est donc nécessaire de comprendre ce con­texte international sous une perspective mondiale.

Cela signifie que nous voulons saisir, grâce à l'action humaine, les chances de la mondia­lisation. Cela requiert une nouvelle approche à laquelle nous ne sommes pas habitués en Europe. Nous nous complaisions depuis plus de 200 ans dans notre vision relativement euro­centrique du monde. Nous étions souvent à la pointe du progrès dans le cadre de l'industria­lisation du monde. Mais aujourd'hui, nous devons reconnaître que nous avons de nouveaux concurrents, que l'article 1 de notre Loi fondamentale, "La dignité de l'être humain est intan­gible", ne perd pas ses effets aux frontières de l'Allemagne ni même à celles de l'Union européenne, et que l'on nous demande dans quelle mesure nous allons défendre ce principe ailleurs.

Bien sûr, nos citoyens sont inquiets et ont peur. Tandis que dans certains de vos pays, on dis­cute de la croissance de la population, on parle chez nous de changements démographiques et du nombre insuffisant d'enfants et de jeunes. Cela signifie que nous avons des problèmes tout à fait différents alors que nous vivons sur la même planète. Des exemples tels que la protec­tion du climat ou d'autres défis comme la biodiversité illustrent que nous ne pouvons résoudre seuls les problèmes.

Par conséquent, il est extrêmement important que nous encouragions les femmes à jouer un rôle dans ce contexte mondial, que nous constituions des réseaux et que nous nous entre­tenions sur les problèmes pratiques et les mécanismes de solution. En ce qui concerne l'Afrique, je dis aussi que nous ne devons pas seulement mener une coopération au déve­loppement classique, mais aussi veiller à ce que les institutions soient constituées de sorte qu'elles soient transparentes et que l'argent arrive bien au sein de la population et ne se perde pas dans l'un ou l'autre palais ou sur les belles allées y conduisant.

Nous allons mener une discussion très intensive sur ce sujet également avec les pays émer­gents, par exemple avec la Chine. Nous pratiquons aujourd'hui, en Allemagne, une coopé­ration au développement avec la Chine notamment dans le domaine de la protection du climat, ce que je soutiens. Parallèlement, nous observons que la Chine s'engage en Afrique et nous ne sommes pas toujours sûrs qu'en fin de compte, tous les pays africains prennent part au déve­loppement économique. Nous devons en parler ouvertement tous ensemble.

Mesdames et Messieurs, nous apprenons de bonnes nouvelles précisément de l'Afrique. Mais je crois que ces bonnes nouvelles ne pourront se confirmer que si les hommes et les femmes en bénéficient de la même façon. Cette conférence se concentre tout particulièrement sur le rôle de la femme et sur la façon dont elle peut contribuer au développement économique, à la lutte contre la pauvreté et à l'éducation.

Je vous souhaite des concertations très intensives. Il y a un grand nombre de panels de discus­sion, ce qui garantit que beaucoup de choses seront abordées sous un aspect pratique. En effet, trouver des solutions pratiques aux problèmes implique que nous connaissions la situation, que nous n'élaborions pas de quelconques théories et que nous observions en permanence nos idées en situation. Lorsque nous discutons de la nécessité de transparence avec les pays émer­gents et en voie de développement, ce n'est pas toujours dirigé contre eux, même si nous adoptons parfois un ton un peu paternaliste. Ce n'est pas le cas. Mais parfois, c'est le ton qui fait la musique.

Vous pouvez nous poser de nombreuses questions critiques. Je vous encourage à le faire aussi au cours de cette conférence. Mais nous devons aussi faire en sorte que les efforts que nous déployons donnent vraiment des résultants. Ce faisant, nous devons de temps à autre jeter un regard dans les statistiques.

J'espère que cette conférence contribuera à ce que nous puissions dire, dans quelques années, que le rôle de la femme s'est amélioré dans de nombreuses parties du monde, que les succès réalisés par des femmes peuvent être propagés, que les familles en ont bénéficié dans l'ensemble et que la parité, l'égalité en droits des hommes et des femmes a progressé quelque peu.

Je remercie tous ceux qui participent à cette conférence. Je vous souhaite beaucoup de succès. Au terme de cette manifestation, je demanderai à la ministre fédérale de la Coopération au développement comment s'est déroulée la conférence, ce qu'il en est résulté et ce que nous pouvons faire pour continuer d'apporter notre soutien.

Je vous remercie d'être venus.



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Date: 28.02.2007