Lors de votre visite en décembre dernier à Berlin, vous avez, cher président, parlé de l’économie qui a gagné en vitesse:
Nous étions d’accord sur le fait qu’il fallait profiter de cet essor pour préparer l’Europe pour l’avenir.
Nous devons poursuivre nos réformes pour relever les défis mondiaux. Par exemple:
Le comité économique et social européen traite depuis longtemps de ces questions. Vos prises de position dans tous les domaines de la politique économique et sociale sont marquées par une grande connaissance de la matière et une proximité de la vie. Je vous remercie donc très cordialement – également au nom de la ministre, Madame Schavan - pour l’avis d’initiative que vous venez de me transmettre: „libérer et renforcer le potentiel de l’Europe pour la recherche, le développement et l’innovation“.
La présidence allemande se voit confrontée à de grandes attentes. Cela nous honore mais nous place également devant d’importants défis. L’un des défis majeurs consiste à trouver une réponse au processus constitutionnel. C’est une tâche d’Hercule. Pouvoir présenter d’ici à la fin de notre présidence une feuille de route pour les futurs pas à entreprendre serait pour nous un grand succès. Une chose est claire: Nous devons tenir compte des élections chez notre voisin français avant de pouvoir entamer des discussions substantielles. Mais il est également clair que nous ne pouvons pas tout simplement passer outre le vote positif des 18 Etats membres en faveur du Traité constitutionnel. Il n’y a pas d’alternative au Traité constitutionnel. Lui seul rend l’Europe plus democratique, plus efficace et plus transparente. La constitution renforce de façon essentielle le principe de solidarité.En tant que présidence au Conseil nous avons donc la responsabilité d’arriver à un consensus axé sur l’avenir.
„Ensemble, réussir l’Europe“ , voilà l’adage de notre programme de présidence. Des sujets de la politique économique occupent une place privilégiée dans notre agenda. Ici, nous nous sommes fixés trois objectifs.
Premièrement: Il faut faire progresser le marché unique. Il garantit la croissance et la prospérité en Europe. Au cours de notre présidence nous voulons nous pencher sur l’analyse des forces et des faiblesses du marché unique dans la concurrence internationale. Nous souhaitons faire avancer surtout les dossiers qui apportent une plus-value pratique aux citoyens et aux entreprises. La proposition de la Commission européenne pour une règlementation relative à l’itinérance en fait partie. Des tarifs d’itinérance beaucoup trop élevés concernent actuellement plus de 147 Mio. de citoyens européens. Ici, „l’Europe des résultats“ est appelée à agir concrètement. Notre présidence s’est fixée le but ambitieux de trouver un accord politique au Conseil sous forme d’une réglementation sur l’itinérance.
Par là, nous souhaitons
Deuxièmement: Les entreprises européennes doivent renforcer davantage leur compétitivité pour pouvoir faire face au contexte mondial. Pour cette raison nous voulons améliorer les conditions cadres pour l’industrie et les prestataires de services en Europe. Une question importante sera celle de savoir comment mieux légiférer. Avec la réduction des procédures bureaucratiques superflues nous souhaitons poser une nouvelle priorité. A cette fin, nous souhaitons lancer une nouvelle initiative ambitieuse lors du sommet de printemps. Le Conseil européen a déjà parlé d’un objectif concret de réduction à hauteur de 25% . Cela pourrait donner un élan à l’Europe et aux Etats membres. Le programme d’action présenté par la Commission en janvier montre les endroits où subsistent des charges particulières et où les entreprises peuvent en être libérées très rapidement. Avec moins de bureaucratie superflue nous pouvons de nouveau augmenter la confiance des citoyennes et des citoyens en l’UE et ses institutions.
Troisièmement: L’Europe ne peut pas s’opposer à la mondialisation en érigant des barrières protectionnistes. Au contraire: L’ouverture des marchés et une compétitivité externe renforcée sont des conditions nécessaires à la croissance économique et à l’emploi. Une conclusion rapide des négociations du cycle de Doha a la priorité absolue. Mais „Doha d’abord“ ne signifie pas pour autant „Doha seul“. L’ouverture des marchés par des accords de libre échange bilatéraux et birégionaux est un autre objectif important pour faciliter l’entrée des entreprises européennes sur le marché. L’un des objectifs de la présidence allemande est qu’un vote sur les mandats en mars puisse survenir rapidement pour pouvoir entamer ensuite des négociations avec les partenaires respectifs.
La politique énergétique est l’une des questions déterminant l’avenir au 21ème siècle. Elle fera partie des priorités de notre présidence. Ce matin, nous avons adopté au Conseil énergétique de vastes résolutions. Ainsi les ministres de l’énergie ont eux aussi contribué à la préparation de l’adoption d’un plan d’action échelonné en fonction des priorités lors du sommet de printemps les 8 et 9 mars 2007. Il est indispensable de faire progresser une politique énergétique pour l’Europe pour garantir un approvisionnement énergétique sûr, respectueux de l’environnement et compétitive. A la fin de l’année passée il s’est avéré une fois de plus que des modifications sont nécessaires. Nous avons surmonté l’épreuve de la fermeture de l’oléoduc Droujba.
Premièrement: Si l’Europe veut améliorer ses relations avec les pays producteurs importants elle doit parler d’une seule voix en matière de politique énergétique extérieure. Les ministres de l’énergie sont tout à fait d’accord sur ce point. L’intensification de la coopération énergétique entre l’UE et la Russie est d’une importance particulière pour la sécurité de notre approvisionnement énergétique. Un nouvel accord de partenariat et de coopération avec la Russie reste donc indispensable.
Deuxièmement: Les marchés européens de l’électricité et du gaz doivent fonctionner mieux et s’intégrer dans un marché européen unique. Il s’agit entre autres d’un dégroupage efficace grâce à une transposition complète des règles existantes. Nous souhaitons faire élaborer par la Commission d’autres options pour des mesures supplémentaires.
Troisièmement: L’Europe a besoin de plus d’énergies renouvelables. L’un des objectifs primordiaux est de les élargir tout en maîtrisant les coûts - également eu égard à une meilleure protection du climat. Pour cette raison nous avons proposé aujourd’hui d’augmenter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergies primaires d’ici à l’an 2020.
Quatrièmement: L’efficacité énergétique doit être améliorée de façon significative en Europe. Nous allons nous axer sur le potentiel d’économie en énergie estimé de 20 % d’ici l’an 2020, chiffre avancé par la Commission.
L’emploi et la politique sociale au sein de l’Union font partie des thèmes centraux de votre comité. Vous aspirez à donner un „visage humain“ à l’emploi. Nous souhaitons y contribuer pendant notre présidence. La conférence des ministres sur le sujet „Développement du modèle social européen“ qui vient de s’achever a été couronnée de succès. Nous avons pu y démontrer qu’il y a des interactions positives entre la politique économique, sociale et de l’emploi. Une Union compétitive peut à la fois être une Union sociale. Le mot clef est „Fexicurity“ (équilibre entre flexibilité et sécurité): Il faut savoir de combien de sécurité les gens et les entreprises ont besoin pour pouvoir réagir de façon souple à de nouveaux défis. Nous souhaitons poursuivre ce débat avec nos partenaires de la présidence trio. Notre objectif est d’atteindre un équilibre approprié entre la flexibilité et la sécurité, surtout pour les nouvelles formes de l’emploi. 2007 est l’Année de l’égalité des chances après tout!. Nous allons accompagner toute une série d’initiatives et de manifestations.
L’Europe est notre réponse à la mondialisation! Avec son marché unique gigantesque, l’Euro ou encore son poids commercial l’Europe est un acteur d’envergure mondial. Mais nous devons faire comprendre aux citoyens qu’on peut façonner la mondialisation dans un effort commun. Ainsi les citoyens retrouveront leur confiance en l’Europe. J’attends des conclusions précieuses de l’avis d’initiative du comité économique et social européen au sujets des „défis et des chances de l’Europe dans le cadre de la mondialisation“. Je compte sur vous comme médiateurs importants dans les Etats membres. Attelons-nous à la même tâche! Ainsi nous réussirons vraiment l’Europe ensemble