Seul le prononcé fait foi!
Aujourd’hui est un grand jour pour les consommateurs européens, la protection climatique et l’environnement, mais également pour la compétitivité de l’industrie européenne. L’UE a franchi une nouvelle étape majeure sur sa longue route vers une politique énergétique compétitive, sûre et respectueuse de l’environnement, qui entraînera une baisse des prix pour tous les Européens.
En tant que Président du Conseil, je me réjouis de vous annoncer que les 27 états membres sont déterminés à atteindre ces objectifs. Nous avons mené un débat très productif en nous concentrant sur les questions relatives au marché intérieur et à la durabilité.
Au terme de nombreuses discussions, conduites également au niveau bilatéral, nous avons réalisé une percée et adopté le projet de plan d’action énergétique. Ce faisant, nous avons jeté les bases permettant au Conseil Européen des 8 et 9 mars d’adopter ce plan d’action. Lors des débats, nous avons placé les consommateurs européens au centre de nos préoccupations.
L’énergie doit devenir meilleur marché, être plus sûre et plus respectueuse de l’environnement. L’UE doit renforcer son indépendance en matière d’approvisionnement énergétique. La production européenne d’électricité ne doit pas entraîner la poursuite du réchauffement de la planète.
Nous devons contribuer davantage à la protection climatique dans les domaines de l’approvisionnement et l’utilisation énergétiques, tout en conservant des conditions raisonnables sur le plan économique.
Et surtout, il convient de poursuivre l’intégration du marché intérieur européen de l’électricité et du gaz et de le rendre plus dynamique. Nous devons continuer sur cette voie, dans l’intérêt des consommateurs et celui du site industriel Europe. Car c’est ainsi que nous garantirons notre compétitivité et conserverons nos emplois.
Marché intérieur européen électricité/gaz
Notre objectif est de permettre à tous les consommateurs européens, partout en Europe, d’acheter de l’énergie bon marché. Mais pour y parvenir, il y a encore beaucoup à faire :Notre tâche commune consiste à supprimer les entraves au commerce transfrontalier.
D’ici 2010, les Etats membres concernés doivent garantir l’interconnexion de leurs réseaux d’électricité et de gaz avec leurs Etats voisins, afin de réaliser l’objectif des 10 % décidé à Barcelone. Cela signifie que la capacité des interconnecteurs doit représenter au moins 10 % de la capacité installée du pays.
En outre, nous demandons à la Commission d’élaborer les détails pour la création d’un mécanisme indépendant sur la base duquel les autorités de réglementation nationales pourront collaborer et prendre des décisions concernant les questions transfrontalières importantes.
Nous avons besoin d’une concurrence loyale avec des conditions initiales identiques (c’est-à-dire un „level playing field“) dans tous les Etats membres.
Pour ce faire, il convient également de séparer efficacement l’exploitation de réseaux de la production d’électricité.
Aucune discrimination ne doit être faite quant à l’accès au réseau. En effet, un investisseur ne construit une centrale que s’il est aussi assuré de vendre son courant via le réseau.
Nous demandons désormais expressément à la commission d’examiner toutes les alternatives, de décrire leurs conséquences et de formuler ensuite des propositions concrètes.
Rien n’a été exclu, personne ne s’oppose aux progrès lorsqu’ils sont judicieux. Tous les Etats reconnaissent la nécessité d’agir pour ce qui est de l’ouverture efficace des réseaux.
Le Conseil formule clairement les objectifs suivants :
Ceci facilitera le rattachement de nouvelles centrales, en particulier pour les nouveaux participants au marché.
Sécurité d’approvisionnement / solidarité
Nous savons que la solidarité relative à la sécurité d’approvisionnement se compose de deux éléments. D’une part, il s’agit d’éviter les problèmes avant même leur apparition. Cela est possible en entretenant de bonnes relations avec les producteurs et les pays de transit, et par la diversification des sources d’approvisionnement et des voies de transit.
En tant que Ministres de l’Energie, nous préconisons d’autre part l’examen, sur une base commerciale, des mesures d’urgence dans le cadre des gazomètres existants p. ex. et d’autres mesures de l’UE. Nous souhaitons que les mesures existant pour le pétrole continuent d’être améliorées.
Relations extérieures en matière d’énergie
Plus encore qu’elle ne le fait actuellement, il est primordial que l’Europe parle d’une seule et même voix avec ses partenaires, notamment avec les principaux pays fournisseurs, consommateurs, et transitaires.
C’est un point sur lequel nous avons été unanimes lors du Conseil de l’énergie.
Les négociations imminentes avec la Russie, qui porteront sur l’accord succédant à l’Accord de partenariat et de coopération, nous donnent l’opportunité de mener un dialogue ouvert et constructif sur des relations énergétiques sûres et stables.
Energies renouvelables
L’Europe a besoin d’incitations et de conditions cadres fiables en matière d’énergies renouvelables. Nous entendons, dans toute l’Europe, donner un nouvel élan aux matières premières renouvelables. Car notre production énergétique ne doit plus, à l’avenir, nuire au climat. Il s’agit d’un domaine dont l’UE peut et doit se charger.
En tant que Ministres de l’Energie, nous soutenons expressément l’objectif global proposé par la Commission dans sa feuille de route pour les énergies renouvelables, de porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de l’Union Européenne d’ici 2020.
Qui plus est, nous avons convenu d’une proposition rendant obligatoire une part de 10 % de carburants biologiques dans l’essence et le diesel de l’UE dès 2020.
Ceci constitue une avancée notable sur le plan de la protection climatique, dont je me réjouis tout particulièrement – étant donné aussi les réticences initiales que certains avaient exprimées - .
Efficacité énergétique
Nous souhaitons améliorer de manière significative l’efficacité énergétique. Dans ce domaine, les Etats membres entendent conjuguer leurs efforts afin d’atteindre, d’ici 2020, le potentiel de 20 % d’économies évalué par la Commission. En notre qualité de Ministres de l’Energie, nous demandons la mise en oeuvre rapide des mesures prioritaires telles qu’elles ont été décrites dans le plan d’action Efficacité énergétique.
Technologies énergétiques
La recherche et le développement constituent des instruments stratégiques majeurs de la politique énergétique. Dès le sommet du printemps 2008, la Commission présentera un plan stratégique concret pour les technologies énergétiques. Il nous semble primordial de développer des technologies durables pour les centrales.
Par conséquent, les Ministres de l’Energie saluent la possibilité, d’ici 2020, de capture et de stockage du CO2 pour les centrales reposant sur le charbon, ainsi que la mise en place de 12 projets de démonstration d’ici 2015.
Vous le voyez, nous avons trouvé des réponses communes à chacune des questions urgentes de politique énergétique européenne.
Et c’est là précisément la mission et l’objectif de notre Union Européenne.
Car bien souvent, les problèmes globaux ne peuvent être résolus qu’au prix d’efforts communs et non pas uniquement au niveau national.
En tant que Président du Conseil, de concert avec mes 26 collègues et la Commission européenne, nous entendons progresser rapidement sur la voie dans laquelle nous nous sommes engagés, et enregistrer des succès dans les meilleurs délais, pour les consommateurs européens.
La voie est désormais ouverte à la réalisation rapide d’un marché commun de l’énergie.
En ma qualité de Président du Conseil et donc, pour ainsi dire, de „conducteur de train“, je me réjouis d’ores et déjà des discussions à venir au cours des prochains mois.