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Avril

19.04.2007

Energies renouvelables et efficacité énergétique dans la politique de voisinage européenne


Instruments de politique et de financement novateurs pour une politique énergétique durable dans la politique de voisinage européenne, Sigmar Gabriel, Conférence de voisinage européenne, 19 avril 2007

Chère Ingrid,
Chère Heidemarie,
Monsieur Carl,
Monsieur Mohammed El-Ashry,
Mesdames, Messieurs,

Nous nous trouvons à un tournant décisif. Les défis du changement climatique sont grands – et ils continuent à augmenter. Le rapport IPCC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a souligné une fois de plus la semaine dernière, que le changement climatique entraînerait une mortalité accrue causée par des vagues de chaleur plus nombreuses. Il ne s’agit de rien de moins que de l’avenir de la terre. Nous devons tous nous rendre compte que nous ne réussirons qu’ensemble. Ou bien nous continuons comme par le passé et courons à la catastrophe, ou nous relevons les défis de l’avenir et du changement climatique et agissons aujourd’hui.

L’Europe a besoin de ses voisins du Sud et de l’Est. L’Union européenne forme avec ses Etats voisins un marché de l’énergie étroitement lié. Nombre de ces pays est exportateur ou pays de transit pour le pétrole et le gaz vers l’Europe. C’est ensemble que nous pouvons mettre en place les réseaux et les oléoducs mais aussi créer un nouveau pilier pour la sécurité énergétique de l’Europe et des Etats voisins par le développement ciblé des énergies renouvelables, les économies d’énergie et l’augmentation de l’efficacité énergétique.

(Formule de politesse)

La présente Conférence de l’énergie dans le cadre de la politique de voisinage européenne a lieu à un moment critique. Il devient de plus en plus évident que l’approvisionnement en énergie, respectueux de l’environnement, sûr et payable, devient la question décisive de ce siècle. Pourquoi en est-il ainsi ?

Quelles sont les conséquences de ce développement ? Devons-nous, pleinement conscients, courir à la catastrophe climatique et énergétique ? Devons nous relever les digues et déplacer les villes côtières à l’intérieur du pays, mener des guerres pour assurer l’approvisionnement en énergie ? Non, Mesdames et Messieurs, cela ne peut être notre réponse.

(Formule de politesse)

Nous, l’Union européenne et nos voisins du Sud et de l’Est devons maintenant régler les aiguillages en vue d’un autre avenir énergétique qui soit compatible avec le climat et qui garantisse un approvisionnement sûr en énergie. Notre approvisionnement en énergie qui est largement basé sur les énergies fossiles et sur l’approvisionnement par de grandes centrales électriques inefficaces est comme un grand bateau citerne peu maniable. Ce bateau citerne doit être amené à changer de cap. En partie nous devrons même prendre congé de ce pétrolier et adopter une flotte de plus petits navires qui sont plus agiles et plus faciles à gouverner.

 

(Formule de politesse),

Le plan d’action climatique et énergétique adopté au mois de mars par les chefs d’Etats et de gouvernements a clairement démontré que la volonté politique pour un tel changement de cap existe désormais. En Europe nous nous sommes engagés à réduire de 30 % nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, en tout cas d’au moins 20 %, en tant que contribution à un accord international. Nous avons aussi fermement décidé de l’objectif de 20 % d’énergie renouvelable et d’au moins 10 % de biocarburants ainsi que d’une augmentation de l’efficacité énergétique de 20 % jusqu’en l’an 2020. Il s’agit maintenant de réaliser ces objectifs ensemble avec la Commission européenne.

Nous avons fait l’expérience qu’il fallait d’abord la volonté politique de fixer des objectifs ambitieux pour les réaliser ensuite par des instruments politiques :

• Surtout des lois sur le rachat de l’énergie photovoltaïque ont conduit en Allemagne, au Danemark mais aussi en Espagne à un essor des énergies renouvelables. Grâce à la « coopération feed-in » nous avons créé une plateforme pour continuer l’échange d’expériences. J’invite tous les Etats intéressés à y participer.

Cette conférence est d’une grande importance. C’est la première fois que plus de 25 ministres et secrétaires d’Etat de l’environnement et de l’énergie de l’Union européenne et des Etats voisins se rencontrent. Pour cette raison je suis très heureux que les organisateurs – mon Ministère, le Ministère fédéral de la coopération, et la KfW – aient réussi à organiser cette rencontre de haut niveau. Un sujet important devra être discuté : le rôle futur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique dans la politique de voisinage européenne.

Je pense que nous devons toujours à nouveau nous rendre compte des potentiels des renouvelables pour notre approvisionnement en énergie durable futur.

• Pour la protection du climat et de l’environnement

• Pour le développement économique et les innovations techniques

• Pour la sécurité de l’approvisionnement : un des grands risques réside dans la dépendance croissante d’importations d’énergie. Pas seulement l’Union européenne mais aussi de nombreux Etats voisins sont dépendants d’importations comme on le sait. En 2020 l’Union européenne pourrait dépendre déjà à 70 % d’importations. Les renouvelables réduisent cette dépendance.

 

Le développement des énergies renouvelables doit avoir lieu dans les trois secteurs, électricité, chaleur/froid et les transports. Dans le domaine de l’électricité, de grands progrès ont été réalisés ces dernières années, surtout pour l’énergie éolienne et la biomasse. Des potentiels énormes, jusqu’ici largement inexploités, se trouvent dans l’exploitation de l’énergie solaire. Des études du potentiel du Centre allemand pour la navigation aérienne et spatiale ont conclu que les centrales thermiques solaires en Europe du Sud et en Afrique du Nord pourraient apporter une contribution importante à l’approvisionnement en énergie durable de l’Europe. Je suis heureux de l’existence des projets de centrales électriques au Maroc, en Algérie et en Egypte ainsi que des projets envisagés en Libye et en Jordanie.

 

(Formule de politesse)

L’idée est révolutionnaire : Elle signifie que d’ici 20 à 30 ans nous pourrons acheter une partie de notre énergie auprès de centrales photovoltaïques.

A cet effet, il nous faut une plus forte coopération régionale et un bond dans les investissements pour le développement d’un réseau électrique stable. Tout cela est techniquement déjà réalisable. Le réseau électrique de l’avenir enjambera les frontières et aussi la Méditerranée. Le « super-réseau » européen pourra un jour conduire de l’électricité produite dans des centrales photovoltaïques jusqu’en Europe centrale – sans pannes de courant !

Ces investissements devraient être encouragés au même titre que le développement d’oléoducs et de gazoducs par la politique de voisinage européenne.

L’intérêt croissant des Etats arabes me réjouit. C’est pourquoi j’ai accepté avec plaisir les invitations du Gouvernement syrien à participer à la 4ième Conférence régionale arabe MENAREC 4 du 21 au 23 juin 2007 à Damas.

Un autre domaine intéressant, surtout dans le cadre de la coopération avec nos pays voisins de l’Est sont les biocarburants : L’objectif sanctionné par l’Union européenne d’au moins 10 % d’ici 2020 fera considérablement progresser leur développement. Mais il ne nous faut pas seulement des solutions sûres sur le plan énergétique mais aussi des solutions écologiquement durables.

Voila pourquoi nous devons rapidement aboutir à des critères écologiques et de durabilité ainsi qu’à des systèmes de certification correspondants pour la bioénergie.

D’autres grandes initiatives sont nécessaires à l’utilisation de la chaleur et du froid provenant d’énergies renouvelables. C’est le géant dormant parmi les énergies renouvelables. Cette année encore, l’Allemagne s’attaquera à une loi sur l’énergie thermique.

(Formule de politesse),

Le deuxième pilier d’une politique énergétique durable est l’augmentation de l’efficacité énergétique tant du côté de l’offre que de la demande surtout, par rapport à la consommation de l’énergie. Nous allégeons de la sorte notre bateau citerne et le rendons plus manœuvrable. Si d’ici l’an 2020 nous voulons couvrir plus de 20 % de la consommation d’électricité de l’ensemble de l’Union européenne à partir d’énergies renouvelables, c’est un progrès important, mais il reste encore plus de trois quarts que nous devons produire de manière aussi « propre » que possible à partir d’énergies fossiles. Mais c’est l’énergie économisée qui est la plus précieuse parce qu’elle ne doit pas être produite. Une plus grande efficacité énergétique et les énergies renouvelables font donc un couple de jumeaux siamois inséparable.

Vu que nous connaissons maintenant la nouvelle orientation, se pose la question qui décide de tout : Qui peut assumer cette tâche d’Hercule ?

La réponse est : il n’existe pas d’Hercule, nous devons tous nous y atteler. A chacun sa tâche :

• La politique doit créer des conditions générales propices aux innovations et à l’économie de marché. Les subventions pour les carburants fossiles empêchent la compétitivité des énergies renouvelables et incitent au gaspillage d’énergie.

• Des conditions cadre adaptées produiront automatiquement un transfert de technologie et des investissements dans des produits et des services plus compétitifs. La recherche et le développement et des procédés adaptés se répandront parallèlement.

• De plus, nous mettons à disposition une série d’instruments de financement innovateurs. L’Allemagne y contribue déjà activement. Le Ministère fédéral de l’environnement participe à raison de 24 millions d’euros au fonds mondial pour la promotion des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (GEEREF) proposé par la Commission européenne. Le fonds est destiné à l’assurance de capitaux-risque par rapport à des investissements privés dans les pays en développement et les pays émergents.

Les chefs d’Etats et de gouvernements européens ont montré la volonté politique nécessaire à une nouvelle orientation de la politique énergétique à leur sommet du printemps. Aujourd’hui, je lance un appel à tous les ministres de l’énergie et de l’environnement des Etats-membres et Etats voisins de saisir cet élan avec circonspection mais aussi avec clairvoyance pour intégrer et encourager des accords ambitieux dans la politique de voisinage européenne également.

Il ne s’agit de rien de moins que de façonner notre avenir.

Je souhaite à la Conférence beaucoup de succès et espère qu’elle nous apportera des recommandations fortes et orientées vers l’avenir de la politique de voisinage européenne. J’espère que l’impulsion et l’esprit de renouveau des objectifs de l’UE jailliront sur la politique de voisinage et que peut-être l’un ou l’autre pays voisin s’associera à nos objectifs.

Je vous remercie de votre attention.



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Date: 25.04.2007