Ce lundi 28 mai, la Troïka de l'Union européenne a rencontré dans l'hôtel de ville de Hambourg la délégation de la République populaire de Chine pour des consultations à la veille de la 8ème Conférence des ministres des Affaires étrangères de l'ASEM.
La délégation chinoise était dirigée par le ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi et celle de l'Union européenne par le ministre fédéral des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier. La Troïka comprenait également la commissaire européenne aux relations extérieures et à la politique européenne de voisinage, Benita Ferrero-Waldner, et le Haut Représentant de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune, Javier Solana. Manuel Lobo Antunes, secrétaire d'État aux Affaires européennes du ministère portugais des Affaires étrangères, a pris part à l'entretien en tant que représentant du Portugal, qui est le prochain pays à assumer la présidence du Conseil de l'UE.
Lors de la conférence de presse qui a suivi, le ministre fédéral des Affaires étrangères Steinmeier a souligné la densité du réseau des relations entre l'Europe et la Chine. Dans le cadre du partenariat stratégique existant depuis 2003, les ministres des Affaires étrangères de l'UE et de la Chine se rencontrent notamment deux fois par an. Les négociations portant sur un accord de partenariat et de coopération ont été ouvertes en janvier de cette année, a-t-il ajouté.
M. Steinmeier a déclaré que les entretiens avaient porté principalement sur des questions de l'actualité internationale: au sujet du dossier nucléaire iranien, les deux parties étaient d'accord sur le fait qu'il fallait d'une part accroître la pression sur l'Iran pour que ce pays se plie aux exigences des Nations Unies et de l'AIEA, mais aussi, d'autre part, rechercher activement une solution diplomatique.
Par ailleurs, une discussion intensive sur des thèmes internationaux tels que le réchauffement de la planète et la sécurité énergétique a eu lieu, a poursuivi M. Steinmeier. En ce qui concerne un régime de suivi pour le Protocole de Kyoto, le ministre fédéral des Affaires étrangères a exprimé l'espoir que des progrès décisifs soient réalisés d'ici la Conférence de Bali en décembre prochain. Il a salué le fait que la Chine ait proposé d'autres entretiens dans le courant de l'année.
Le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi a souligné l'énorme potentiel qu'offrent des relations UE-Chine placées sur un pied d'égalité, dont l'évolution future correspondra surtout à des considérations stratégiques s'inscrivant sur le long terme. Dans la question de la politique climatique et environnementale, la Chine partage les priorités européennes. Parallèlement, M. Yang s'est dit en faveur d'un équilibre entre les considérations environnementales et les exigences du développement, ce qui est nécessaire en particulier dans les pays émergents.
Le Haut Représentant Javier Solana a fait état des échanges d'opinion au sujet d'autres thèmes internationaux, notamment la Corée du Nord, l'Iran et le Kosovo, et a remercié la partie chinoise pour son soutien lors de ses entretiens prévus pour les prochains jours avec la partie iranienne dans la question du dossier nucléaire. La commissaire européenne aux relations extérieures Ferrero-Waldner a fait référence aux intenses relations commerciales mutuelles. Cependant, l'UE continue d'afficher un déficit commercial élevé qu'il s'agit d'éliminer, a-t-elle dit.
Au terme de la dernière session du dialogue UE-Chine sur les droits de l'homme, il y a quelques jours à Berlin, tout comme dans les entretiens de la Troïka, l'UE a de nouveau "abordé clairement" la situation des droits de l'homme en Chine.
Le Portugal, qui assumera la prochaine présidence du Conseil de l'UE, a trouvé la Troïka "très utile" dans la préparation du prochain sommet UE-Chine, qui tombe pendant la présidence portugaise.