Dans le cadre de la présidence allemande et sur invitation du ministre fédéral de l'Intérieur, Wolfgang Schäuble, les ministres de l’Union européenne en charge de l'intégration se réunissent aujourd’hui et demain à Potsdam. Le premier jour de cette conférence sera axé sur l'intensification de la coopération européenne et sur l'échange d'expériences au sein de l'UE en matière de politique d'intégration. Pendant la deuxième journée de la conférence, le dialogue interculturel sera pour la première fois inscrit sur l’ordre du jour d’une réunion ministérielle européenne.
Le ministre Wolfgang Schäuble a souligné :
« Assurer l’intégration des enfants et petits-enfants d'anciens immigrés, vivant souvent déjà en deuxième ou troisième génération dans les Etats membres, et leur garantir l'égalité des chances figure, partout en Europe, parmi les tâches principales de la politique intérieure. Si l’acception du terme intégration diverge encore souvent parmi les Etats membres de l’UE, les enjeux que celle-ci représente pour nos sociétés sont cependant les mêmes. Le succès de la politique d’intégration conditionne les immigrations futures. Il est en même temps garant d’une liberté durable et de la cohésion sociale.
De même, le dialogue interculturel est devenu un instrument important pour assurer une coexistence bénéfique de personnes d’origines et d’appartenances religieuses différentes en Europe. Au cours de ces dernières années, de nombreux Etats membres ont établi un dialogue, notamment avec des représentants des communautés musulmanes.
Les formes que prennent ces échanges, souvent très fructueux, varient de pays en pays, selon l’histoire et la culture respectives. Or, les questions qui se posent et les problèmes auxquels il faut faire face se ressemblent partout en Europe. Il est donc temps de commencer, au niveau européen, à s’échanger sur le dialogue interculturel et à s’inspirer des expériences faites par nos voisins. »
La ministre adjointe en charge de l’intégration auprès de la chancellerie fédérale, Prof. Maria Böhmer, a expliqué : « Pour l’Europe, une des tâches centrales de l’avenir consistera à faire réussir l’intégration des migrants. Nous nous voyons tous confrontés au défi de façonner une vie commune en paix de personnes d’origines et de cultures différentes, et ce sur la base de nos valeurs européennes. Pour y parvenir, la meilleure solution consiste à parler avec les immigrés, et non pas sur eux. Dans cette optique, l’élaboration de la stratégie nationale pour l’intégration se fait en Allemagne en coopération avec les organisations des migrants et en y associant la société civile. Au niveau européen, nous souhaitons procéder à un échange d’idées intense sur les démarches promettant une meilleure intégration, dont – point essentiel – le dialogue avec les migrants.
Mais l’intégration est un processus à double sens. D’une part, notre objectif doit être de créer et de préserver dans les sociétés d’accueil un climat d’ouverture envers les immigrés. La diversité des individus, avec leurs expériences, leurs talents et leurs capacités, constitue une ressource très précieuse dans ce monde globalisé, ressource qu'il s'agit de mettre à profit et de promouvoir. D’autre part, les immigrés doivent, eux aussi, contribuer activement à leur intégration, notamment en apprenant la langue de leur pays d’accueil et en respectant son ordre juridique et son système de valeurs. »
L’intégration de migrants est en premier lieu une tâche nationale. Or, au cours de ces dernières années, ce sujet a gagné en importance pour la politique européenne des migrations. Dans son titre traitant des politiques d’asile et d’immigration, le Traité instituant la Communauté européenne ne prévoit aucune compétence européenne explicite pour les mesures d’intégration. Néanmoins, les chefs d’Etat et de gouvernement ont en 2003 convenu un dialogue structuré au niveau européen. La coopération européenne emprunte la voie d’un échange d’informations et d’expériences. A cet effet, le groupe des Points de contact nationaux sur l’intégration a été institué en tant que groupe d’experts.
L’objectif de la réunion informelle des ministres à Potsdam consiste à s’entendre sur les pistes de la future coopération et à y adapter le mandat des Points de contact nationaux. Parmi les approches à étudier figurent : la participation et l’égalité des chances, notamment pour les migrants de la deuxième et troisième génération, la prévention de la radicalisation, ainsi que des mesures visant à familiariser les sociétés d’accueil avec le phénomène de l’immigration continue.
En outre, les Etats membres s’échangeront sur de nouvelles initiatives nationales visant l’intégration de migrants. La Commission présentera la 2e édition du « Manuel sur l’intégration » dont elle est l’éditrice. Celui-ci résume les résultats issus de séminaires thématiques que les Etats membres ont organisés et réalisés. En décembre 2005, un tel séminaire organisé dans le cadre du manuel de l’UE s’était déroulé à Berlin autour du sujet « Structures d’intégration » – séminaire qui se trouve documenté dans le chapitre sur la gouvernance de l’intégration. A l’avenir aussi, ce genre de séminaires aura vocation à offrir une plateforme européenne destinée à l’échange d’idées.
Lors du deuxième jour de la conférence, les ministres en charge du dialogue interculturel s’échangeront pour la première fois sur des questions touchant au dialogue interculturel. Au cours des cinq dernières années, de nombreux Etats membres ont commencé à chercher le dialogue avec les communautés musulmanes et avec leurs représentants, et ce aux niveaux national, régional et local. Si les approches poursuivies sont diverses, ces initiatives partagent un objectif commun : améliorer la coexistence des citoyens en Europe.
De son côté, l’Allemagne a également lancé sa propre initiative visant un dialogue interculturel, en instituant la Conférence allemande sur l'islam (DIK) en septembre 2006. Avec les Länder, le ministère fédéral de l’Intérieur s’emploie à créer une base solide pour les relations entre l’Etat allemand et les musulmans vivant en Allemagne.
La Conférence allemande sur l'islam est conçue comme un processus de négociation et de communication de long terme, entre l'Etat allemand et des représentants des musulmans vivant en Allemagne, s’étalant sur une durée de deux à trois ans. L’objectif visé par ce processus de dialogue consiste à aboutir à un large consensus sur le respect de principes de politique sociale et religieuse. A cet égard, l'accent est notamment mis sur la protection et le respect absolus de l'ordre constitutionnel libéral et démocratique.
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