Par une belle journée ensoleillée, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont adopté la "Déclaration de Berlin" à l’occasion du 50ème anniversaire des Traités de Rome. Le document rappelle les acquis de l’UE. Il mentionne parallèlement les objectifs et les défis futurs de l’UE, à savoir renforcer le modèle de vie européen et assumer une responsabilité mondiale.
"Les 50 ans des Traités de Rome, cela se résume pour moi en une phrase: un rêve devenu réalité!", a déclaré la chancelière fédérale Angela Merkel dans son discours très personnel relatif à la Déclaration de Berlin. Si le rêve de paix et de prospérité a pu devenir réalité, c’est parce que les Européens, après avoir connu la destruction et la dévastation, se sont souvenus de leur qualité première: la confiance.
Bien poser les jalons
Et pourtant, la paix et la prospérité ne sont nullement une évidence. Comment préserver, renforcer et approfondir cet acquis? "En nous concentrant sur la principale force de l’homme, sur la force de la liberté", a déclaré la présidente du Conseil de l’Union européenne, Angela Merkel.
Pour l’avenir, il s’agit de renforcer le modèle de vie européen et d’assumer une responsabilité mondiale. "Cela nécessite une capacité d’action supérieure à celle dont l’Europe dispose à l’heure actuelle", a souligné Mme Merkel, avant de poursuivre: l’Union européenne a besoin de davantage de compétences et, de surcroît, de compétences mieux définies: en matière de politique énergétique, de politique étrangère et de politique intérieure et judiciaire. De plus, elle doit veiller à fonctionner efficacement et de façon démocratique même à 27 pays.
Une Europe dynamique
Car seule une Europe dotée d’institutions fortes peut être dynamique et afficher une forte croissance. Ce sont "les connaissances et le savoir-faire de ses citoyens, l’éducation, la recherche et l’innovation" qui sont la clé de cette croissance, a affirmé Mme Merkel.
L’Europe doit aussi et surtout être efficace et capable d’agir parce que ses champs d’action deviennent de plus en plus compliqués: l’Europe lutte ensemble contre le terrorisme, la criminalité organisée et l’immigration illégale. Cela signifie aussi qu’elle se mobilise pour que les conflits dans le monde se règlent de manière pacifique. La Communauté veut contribuer à faire reculer la pauvreté, la faim et la maladie.
Ces tâches ne sont guère réalisables si les décisions dans ces domaines ne peuvent être prises qu’à l’unanimité par les 27 États membres.
Asseoir l’Europe sur des bases rénovées
D’ici la fin de la présidence allemande à la fin du mois de juin, Angela Merkel veut présenter un calendrier concret sur la marche à suivre en Europe. Dans ce contexte, il est prévu de préserver le plus possible de l’essence du traité constitutionnel qui a échoué. La présidente du Conseil de l’Union européenne s’est fixé pour objectif d’avoir dès que possible un nouveau traité sur la table, en tout cas au plus tard au second semestre 2008.
D’ici là, de nombreuses discussions devront cependant encore avoir lieu. L’opinion publique ne pourra pas toujours y être associée, mais nous poursuivrons "les entretiens dans l’Union européenne dans un esprit de camaraderie", a insisté Mme Merkel lors d’une conférence de presse de clôture de la fête d’anniversaire.
Décisions d’ici les élections au Parlement européen de 2009
Une chose est certaine: en juin 2009, les citoyennes et les citoyens européens élisent un nouveau Parlement européen. Au plus tard d’ici cette date, on en saura plus sur l’avenir de l’Europe et en Europe. Les Européennes et les Européens doivent savoir comment l’Union européenne conservera sa capacité d’action avec ses 27 membres. Ils doivent savoir de quelles tâches l’Union européenne se charge et quelles tâches restent entre les mains des États nationaux.
Selon le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, cela veut dire que la ratification d’un nouveau traité devra être terminée en juin 2009. Cela ne laissera pas beaucoup de temps pour asseoir l’Europe "sur des bases communes rénovées". Cependant, la chancelière fédérale est bien déterminée à réussir: "Je suis convaincue qu’une réussite n’est pas seulement dans l’intérêt de l’Europe, mais aussi dans l’intérêt des États membres et dans notre intérêt à nous, les citoyens européens", a-t-elle déclaré.
Texte intégral du discours de la chancelière fédérale
La présidente du Conseil européen, Angela Merkel, le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont signé dans le Schlüterhof, la cour intérieure du Musée de l’histoire allemande, la "Déclaration de Berlin".
Texte intégral de la "Déclaration de Berlin"