À l'issue de la conférence européenne "Responsabilité et partenariat – lutter ensemble contre le VIH/sida" de Brême, Ulla Schmidt, ministre fédérale de la santé, Heidemarie Wieczorek-Zeul, ministre de la coopération économique et du développement et Annette Schavan, ministre fédérale de l'éducation et de la recherche, ont annoncé leurs objectifs communs dans la lutte contre le VIH/sida.
L'actuelle présidente du Conseil des ministres de la santé de l’UE
Ulla Schmidt, ministre fédérale de la santé :
"Lors de la conférence de Brême, nous sommes parvenus à nous mettre d'accord sur le fait que la lutte contre le VIH/sida ne pouvait être remportée sans un leadership politique fort. Cette question doit être traitée au plus haut niveau politique. Je suis heureuse que la chancelière, le Dr. Angela Merkel, ait inscrit le VIH/Sida dans les priorités de la présidence allemande et qu'elle ait annoncé qu’elle soumettrait la question du VIH/sida au Conseil européen. Plus que sur toute autre question de politique de santé, nous devons, compte tenu de la dimension pandémique et de la menace que représente le VIH/sida, porter notre regard au-delà de nos frontières : au-delà des frontières nationales, des frontières de l'Union européenne et au-delà des frontières de l'Europe.
Cependant, la lutte contre le VIH/sida n'a pas uniquement besoin du soutien de la politique, mais aussi de l'ensemble de la société. Ensemble avec les plus de 100 organisations non gouvernementales représentées à Brême, nous déploierons tous les efforts nécessaires afin de garantir partout en Europe l'accès à la prévention et à un traitement à un prix abordable et afin d'offrir à toutes les personnes infectées en Europe une existence dépourvue de stigmatisation et de discrimination.
Lors d'entretiens avec des représentants de l'industrie pharmaceutique, nous somme parvenus à convaincre les principaux fabricants de médicaments contre le sida de mettre en place un système de prix différenciés en fonction des pays dans le cadre d'une stratégie globale durable de lutte contre le VIH/sida. C'est un signal fort qui a été lancé à Brême."
Heidemarie Wieczorek-Zeul, ministre fédérale de la coopération économique et du développement :
"Lors de la conférence de Brême, il est apparu une nouvelle fois que le VIH/sida était une crise mondiale. Elle doit donc être abordée par une action commune mondiale.
Nous devons continuer à tout mettre en œuvre afin d'atteindre les objectifs de développement du millénaire définis dans des accords obligatoires pour tous d'ici 2015. Concernant la lutte contre le VIH/sida, cela signifie stopper la progression de la maladie et parvenir à inverser la tendance en matière d'infections.
Le gouvernement fédéral inscrira également la lutte contre le VIH/sida dans les priorités de la présidence allemande du G8. À cet égard, nous nous engageons tout particulièrement en faveur de la protection des jeunes filles et des femmes contre l’infection et la maladie. Nous soutenons l'amélioration des systèmes de santé dans les pays en développement et nous nous engageons pour que les malades disposent de médicaments à un prix abordable. Par ailleurs, nous poursuivons l'objectif de permettre à toutes les personnes touchées par le VIH/sida d’avoir un accès universel à la prévention, au traitement et aux soins d'ici 2010.
Ainsi, nous soutiendrons également financièrement la reconstitution des réserves du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Depuis sa création il y a quelques années, ce Fonds effectue un travail remarquable. Grâce à son action, 1,5 millions de personnes dans le monde ont déjà pu être sauvées et chaque mois, 100 000 personnes supplémentaires viennent s'y ajouter, dont de nombreux enfants.
Durant notre présidence de l'UE, nous souhaitons parachever un code de conduite qui empêche que des médecins et des infirmières des pays en développement soient systématiquement attirés vers les pays industriels. En Afrique, le besoin de personnel de santé est en effet urgent. »
Annette Schavan, ministre fédérale de l'éducation et de la recherche :
"La recherche a considérablement contribué à réduire les effets mortels du sida. Grâce à des médicaments innovants, la qualité de vie des malades concernés s'est considérablement améliorée. Par conséquent, nous avons besoin d'une recherche excellente pour développer des médicaments et thérapies efficaces. La recherche est particulièrement prospère lorsqu'elle constitue des réseaux et implique des partenaires dans les régions particulièrement touchées. Le ministère fédéral de la recherche soutient donc des initiatives européennes de lutte contre le VIH/sida. Ainsi, des chercheurs européens travaillent avec des partenaires africains dans le cadre d'études cliniques pour le développement de médicaments et vaccins.
En Allemagne aussi, nous misons sur les coopérations dans le domaine de la recherche en matière de santé et nous soutenons le réseau de compétence HIV/sida. Outre les centres hospitaliers universitaires et les hôpitaux, l'association allemande d'aide aux malades du sida "Deutsche Aidshilfe" et des médecins établis font partie de ce réseau. L’objectif est que les malades profitent aussi rapidement que possible des résultats de la recherche.