Sur invitation du ministre fédéral de l’Intérieur, Dr. Wolfgang Schäuble, et dans le cadre de la présidence de l’UE, les ministres en charge de l’administration et de la fonction publique ainsi que Siim Kallas, vice-président et membre de la Commission européenne en charge de l’administration, de l’audit et de la lutte antifraude, se sont réunis les 21 et 22 juin à Berlin.
Au cœur de dette réunion informelle était le défi que posent les changements démographiques à la fonction publique des Etats membres de l’Union européenne. En effet, le nombre d’agents se trouvant dans la tranche d’âge de 50 à 60 ans y connaîtra dans les deux prochaines décennies une croissance de 25%. Aujourd’hui déjà, plus qu’un tiers de l’effectif de l’administration fédérale a cinquante ans ou plus. D’ici 2020, cette quote-part atteindra 42%. Il s’agit par conséquent d’initier dès maintenant les mesures visant à faire face aux changements démographiques.
A cet égard, le ministère fédéral de l’Intérieur, Dr. Wolfgang Schäuble, a déclaré :
« Les changements démographiques modifieront considérablement les conditions-cadres de la fonction publique. Si, pendant ces dernières décennies, les questions démographiques ne semblaient guère avoir une pertinence pratique pour la fonction publique, leur impact devient entre-temps tangible, tant en Allemagne que dans tous les Etats membres de l’UE, quand bien même à des degrés différents. Dans cette optique, il est important pour nous d’échanger des expériences et informations concernant les pistes qui se prêtent pour préparer les administrations publiques de l’Europe à cette tâche de l’avenir. A cet égard, notre conférence ministérielle nous offre une bonne occasion aujourd’hui. »
Le vice-président Siim Kallas a souligné :
« Je suis convaincu qu’une administration publique innovatrice est dans une position idéale pour développer différentes pistes politiques visant à maîtriser le phénomène du) changement démographique pour la société dans son ensemble. La Commission européenne qui, de par son effectif multi-origine, se voit confrontée à des défis particuliers, a d’ores et déjà développé et mis en place des stratégies politiques en matière d’égalité des chances et de gestion d’un effectif vieillissant.
Or, l’expérience démontre que le simple octroi de nouveaux droits sur le papier ne constitue pas encore en soi une panacée. En effet, il s’agit pour nous de procéder à une vraie transformation culturelle dans l’ensemble de l’administration publique. »
En conclusion de la réunion, les ministres ont adopté une résolution fixant les priorités politiques des travaux du réseau européen pour les deux prochaines années. A cet égard, un accent particulier sera mis sur la comparaison de projets visant la modernisation de l’administration publique, et de mesures en vue de faire face aux changements démographiques.
Par ailleurs, les ministres ont décidé de développer, ensemble avec les syndicats européens, le dialogue social avec les administrations publiques centrales. Le dialogue social vient soutenir l’échange de positions entre les partenaires sociaux (employeurs et employés) ainsi que la consultation avec la Commission européenne. Pendant une phase de test de deux ans, les employeurs et employés entendent développer pour la première fois un programme de travail et un règlement intérieur communs.
La coopération informelle entre les ministres et directeurs généraux des Etats membres de l’UE en charge de l’administration et de la fonction publique ainsi que la Commission européenne vise en premier lieu l’échange d’expériences. Le réseau soutient les administrations nationales dans le développement de leur qualité et efficacité. Alors qu’au niveau politique les directeurs généraux se réunissent au cours de chaque présidence du Conseil, les réunions informelles des ministres se tiennent à un rythme irrégulier, généralement biannuel. Les groupes de travail et d’experts se rencontrent une à deux fois par présidence.