La protection d’espèces marines et des baleines menacées, l’avenir de l’interdiction du commerce de l’ivoire ainsi que des mesures pour combattre le commerce illégal de bois tropicaux sont les thèmes centraux de la Conférence des Parties de la Convention de Washington de cette année qui commence aujourd’hui à La Haye. A la Conférence qui durera jusqu’au 15 juin, 40 propositions environ pour mettre sous protection ou pour vérifier la nécessité de protéger certaines espèces sont à l’ordre du jour. Pour la première fois une rencontre des Ministres a lieu pendant la Conférence des Parties de la Convention de Washington sur le commerce international des espèces menacées, qui s’occupera des objectifs et des perspectives de la Convention pour ces prochaines années, par exemple du bois tropical et des espèces marines. Dans le cadre de la Présidence du Conseil de l’UE, le Gouvernement fédéral sera représenté par le Secrétaire d’Etat au Ministère de l’Environnement, Matthias Machnig. Machnig participera à la rencontre le 12 et le 13 juin.
La Convention de Washington sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées (CITES) a été conclue en 1973 pour faire face à la menace croissante pour la faune et la flore par le commerce international. 171 Etats ont adhéré depuis à l’accord. « Pour l’efficacité de la Convention il est décisif que la protection des espèces soit plus fortement ancrée dans les différents secteurs commerciaux et économiques également », disait Jochen Flasbarth, Chef du Département de la Protection de la Nature au Ministère de l’Environnement et Chef de la Délégation allemande à La Haye. « Les partenaires européens se feront forts pour que la Convention soit aussi appliquée à la protection d’espèces qui sont fortement touchées par le commerce. En font partie surtout des poissons mais aussi de nombreuses espèces de bois tropical. »
L’Allemagne a soumis au nom des Etats de l’UE trois motions pour la protection d’espèces de poissons, à savoir l’aiguillat commun et le requin taupe commun ainsi que l’anguille d’Europe. En plus, les poissonsscies, coraux et une espèce de poisson d’agrément (Apogon de Kaudern) sont examinés par les protecteurs des espèces. Grâce à l’engagement des Européens, la protection des espèces de bois tropicaux est replacée parmi les premiers points à l’ordre du jour.
Quant aux éléphants, la Conférence des Parties devra se pencher sur deux motions contradictoires : Le Botswana et la Namibie veulent vendre régulièrement un quota annuel déterminé d’ivoire et de produits d’éléphant après la conclusion de la vente unique. Le Kenya et le Mali au contraire demandent que le commerce d’ivoire brut soit totalement proscrit dans le monde entier pendant 20 ans. Flasbarth : « Il est irresponsable de commencer un commerce d’ivoire régulier sans que nous connaissions les effets de la vente unique concédée fin 2002 et qui n’est pas encore achevée actuellement de stocks d’ivoire provenant d’Afrique du Sud, de Namibie et du Botswana. Avant de savoir avec certitude quels sont les effets de cette vente sur le braconnage et le commerce illégal, d’autres décisions concernant la vente d’ivoire seraient insensées ! On ne peut prévoir actuellement quand on disposera des informations. »
A La Haye il s’agira aussi de prévenir de nouvelles tentatives de permettre à nouveau la chasse à la baleine. Le Japon demande de soumettre à une révision scientifique toutes les espèces de baleines et de vérifier si la protection des baleines est encore justifiée d’après la Convention. Les Etats de l’UE se sont prononcés à l’unanimité contre cette proposition. Flasbarth : « Aussi longtemps que la Commission internationale de la chasse à la baleine maintient son moratoire de chasse, il ne saurait y avoir de commerce de produits baleiniers ».
Les délégués de la 14ième Conférence des Parties sont aussi saisis d’environ 60 propositions de résolution et de décision concernant l’application et l’interprétation uniforme de la Convention. Il s’agit de sujets aussi variés que le financement futur de la Convention, les défis lancés par le commerce sur Internet, le marquage des peaux de crocodile. Mais aussi la détermination des objectifs stratégiques futurs et les priorités de travail prendront une place importante. Flasbarth : « La Conférence de cette année est décisive pour l’orientation future de la Convention. Les Parties ont d’ores et déjà démontré que par l’application systématique de la Convention, la régression de la diversité des espèces pouvait être arrêtée. »
La Convention de Washington sur le commerce international des espèces menacées protège aujourd’hui environ 8.000 espèces animales et 40.000 espèces végétales. La Convention comprend trois annexes dans lesquelles les espèces menacées sont répertoriées selon le degré de protection qu’elles nécessitent. Dans chaque catégorie il y a des restrictions différentes au commerce. Pour les espèces de l’annexe I il y a une interdiction de commercialisation générale. Alors que pour les espèces de l’annexes II et III le commerce est admis à certaines conditions et avec les autorisations correspondantes.
Observation : D’autres informations concernant la Conférence des Parties de la CITES à La Haye se trouvent sous Internet (www.bmu.de).