Le 8 février 2007 a eu lieu au ministère des Affaires étrangères une rencontre de la Troïka de l'Union européenne avec le Pakistan.
Le Pakistan est un partenaire essentiel de l'UE en Asie et revêt une importance centrale pour la stabilité régionale de l'Asie du Sud. Le Pakistan joue aussi un rôle actif au niveau multilatéral comme dans le cadre des Nations Unies où il préside cette année le G77.
Le ministre fédéral des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier dirigeait la délégation de l'Union européenne tandis que le ministre des Affaires étrangères Khurshid Kasuri présidait la délégation pakistanaise. Le Portugal qui sera le prochain pays à assumer la présidence de l'Union européenne était représenté par le secrétaire d'État aux Affaires étrangères du ministère portugais des Affaires étrangères Joao Titternigton Gomes Cravinho.
Le ministre fédéral Steinmeier a rendu hommage au rôle de médiateur qu'endosse le gouvernement pakistanais dans le monde musulman.
En ce qui concerne les relations avec l'UE, M. Steinmeier a d'abord souligné le fait que les parties se sont mises d'accord pour progresser concrètement dans un avenir proche dans la mise en œuvre de l'accord de coopération bilatéral de 2004. Le ministre des Affaires étrangères M. Kasuri a annoncé dans ce contexte la reprise des entretiens de la Commission mixte CE?Pakistan qui devrait encore avoir lieu cette année à Islamabad. Ce forum offre avant tout l'occasion de traiter des questions relatives au commerce, au développement et aux droits de l'homme. M. Kasuri a mis en évidence le caractère attrayant du Pakistan comme site de commerce et d'investissement qui propose aussi aux entreprises européennes une chance.
M. Steinmeier a ensuite déclaré que l'on allait approfondir la coopération entre l'UE et le Pakistan, et ce, aussi au-delà de l'accord de coopération. Lors de la rencontre de la Troïka, une "déclaration commune" substantielle a été adoptée jetant notamment la base pour un dialogue politique formalisé. M. Steinmeier a, dans ce contexte, insisté sur la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogues. Ce dialogue devrait également se pencher sur des questions relatives au dialogue entre les religions, à la non prolifération et aux droits de l'homme.
En se référant à la situation en Afghanistan, la Troïka a appelé expressément le Pakistan et l'Afghanistan, pays voisins, à déployer des efforts communs plus marqués pour intensifier les contacts et la coopération bilatéraux afin de maîtriser les défis actuels qui se présentent dans cette région et à la frontière. M. Steinmeier a ici proposé le soutien de l'Europe nécessaire pour cette entreprise.
Le ministre pakistanais des Affaires étrangères a souligné la volonté pakistanaise de garantir une protection frontalière suffisante. Selon lui, le Pakistan a déjà envoyé 80 000 soldats à la frontière et a par ailleurs déjà apporté un tribut considérable à la situation. Il faut désormais que chaque partie fournisse des efforts. Le Pakistan s'est distancé de ses projets de minage de la frontière, mais l'idée de sécuriser certaines sections de la frontière avec une barrière resterait toutefois d'actualité.
La Troïka a par ailleurs reconnu les progrès enregistrés dans les relations indo-pakistanaises. La politique modérée de ces deux pays au cours des dernières années a conduit à une détente et à une normalisation sensibles de la situation.
L'UE va considérablement étendre son soutien matériel destiné au Pakistan. La Commission européenne a annoncé qu'elle doublerait ses engagements dans les domaines de l'économie et de la coopération au développement pour la période allant de 2007 à 2010 pour atteindre un montant total de 200 millions d'euros.
Ces derniers mois s'étaient déjà caractérisés par une intensification continue des relations entre l'UE et le Pakistan comme l'avaient montré les récentes visites à Bruxelles du président Musharraf en septembre 2006 et du premier ministre Aziz en janvier 2007.