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Déclarations PESC

26.03.2007

Déclaration de la présidence au nom de l'Union européenne sur la commémoration du 200ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage transatlantique

Le commerce transatlantique des esclaves a été à l'origine d'intenses souffrances infligées aux populations du continent africain. Pendant plus de 300 ans, des millions d'hommes, de femmes et d'enfants ont été expédiés par bateaux vers le continent américain. Des millions d'autres n'ont pas survécu aux chasses aux esclaves en Afrique ou sont morts durant ce qu'on appelle le "passage du milieu" ("Middle Passage") en route vers le Nouveau Monde des Amériques. L'Union européenne reconnaît et déplore profondément le sort tragique qui a été le leur.

La barbarie du commerce transatlantique des esclaves se distingue dans l'histoire de l'humanité par son ampleur, par son caractère organisé et tout particulièrement par la négation de toute dignité humaine aux victimes. Alors que l'Europe ouvrait la voie au siècle de la Raison et des Lumières, les marchands européens partaient asservir le continent africain. Il était donc temps et opportun que la communauté internationale reconnaisse, lors de la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée, tenue en 2001 à Durban, que l'esclavage et le commerce des esclaves sont des crimes contre l'humanité et auraient toujours dû être considérés comme tels.

Outre qu'il nous remémore une période sombre de notre histoire, le 200ème anniversaire de l'abolition du commerce transatlantique des esclaves, au cours duquel le nombre des personnes arrachées de force à l'Afrique est estimé à 15 millions, met également en lumière le fait que l'esclavage et le commerce des esclaves avaient cours dans le monde entier et ce depuis des milliers d'années, même si ce n'était pas à une échelle comparable à celle de ces siècles noirs du commerce transatlantique des esclaves.

Néanmoins, cet anniversaire devrait aussi servir opportunément à nous rappeler que l'esclavage est encore une pratique courante dans de nombreuses régions du monde et que des formes modernes d'esclavage telles que le travail en servitude et la traite des êtres humains sont en expansion croissante. Aux diverses formes d'esclavage moderne s'ajoute un commerce international florissant, qui engendre des milliards de dollars aux dépens de millions de victimes. Il faut donc se garder de tout triomphalisme. En 1904 déjà, la communauté internationale associait la traite des êtres humains et l'esclavage moderne à un crime que seule la coopération internationale peut combattre. Il y a presque 60 ans, les Nations unies ont pris en main ce problème et ont élaboré, en 1949, la Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui. À cet égard, le Protocole dit de Palerme, adopté en 2000, constitue un jalon de la lutte actuelle contre la traite des êtres humains. La nouvelle définition globale de ce crime et des violations des droits de l'homme qui en découlent est la clé de voûte de ce protocole.

L'Union européenne, résolue à tout mettre en oeuvre pour lutter contre toutes les formes modernes de l'esclavage et du commerce d'esclaves, a utilisé la définition du Protocole de Palerme comme point de départ d'une décision-cadre du 19 juillet 2006 relative à la lutte contre la traite des êtres humains et de son plan concernant les meilleures pratiques, normes et procédures pour prévenir et combattre la traite des êtres humains. Ce dernier a été publié en décembre 2005 et constitue le cadre des actions de l'Union européenne contre la traite des êtres humains.

L'Union européenne espère vivement que nous puissions empêcher la résurgence des intenses souffrances humaines que nous commémorons aujourd'hui.

La Turquie, la Croatie* et l'ancienne République yougoslave de Macédoine*, pays candidats, l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et la Serbie, pays du processus de stabilisation et d'association et candidats potentiels, l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège, pays de l'AELE membres de l'Espace économique européen, ainsi que l'Ukraine et la République de Moldavie, se rallient à la présente déclaration.

* La Croatie et l'ancienne République yougoslave de Macédoine continuent à participer au processus de stabilisation et d'association.



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Date: 27.03.2007