Le 21 mars, jour du "massacre de Sharpeville" qui fut perpétré en 1960, l'ONU célèbre la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale. Presque 50 ans plus tard, les leçons de Sharpeville n'ont rien perdu de leur pertinence pour la lutte menée à l'échelle mondiale contre le racisme, la xénophobie et la discrimination, qui restent une réalité quotidienne dans de nombreux pays.
La mondialisation, la formation de sociétés multiethniques, ainsi que la lutte contre le terrorisme ont engendré de nouvelles formes de racisme qui touchent en particulier les minorités ethniques et religieuses, les immigrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile. La pensée raciste découle aussi de l'antisémitisme, de la christianophobie et de l'islamophobie, ainsi que d'un ensemble de questions étroitement liées ayant trait à la race, l'ethnicité, la culture et la religion, et menace dès lors d'éroder les valeurs existantes des droits de l'homme.
L'UE condamne fermement toutes les formes de racisme, de discrimination raciale, d'intolérance et de discrimination, et engage les États à adopter des mesures efficaces pour lutter contre les symptômes et les causes du racisme et de la discrimination, et à garantir de manière effective, pour tous sans distinction, la liberté de pensée, de conscience, de religion et de conviction. La Charte des droits fondamentaux de l'UE, qui est fondée sur la conviction que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits, interdit expressément toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines, la religion ou les convictions, ainsi que sur les opinions et l'orientation sexuelle d'une personne.
L'année 2007, qui a été proclamée "Année européenne de l'égalité des chances pour tous", verra le lancement d'un grand débat en Europe sur les avantages de la diversité pour les sociétés européennes. Parallèlement, l'Agence européenne des droits fondamentaux a été créée en mars 2007. Les travaux de cette agence, qui doit prendre la relève de l'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes, continueront à porter sur le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme, la protection des droits des personnes appartenant à des minorités, ainsi que sur l'égalité des sexes, en tant qu'éléments essentiels pour la protection des droits fondamentaux.
Afin de lutter contre le racisme, la xénophobie et la discrimination à l'échelle mondiale, l'UE coopère également de manière étroite avec tous les acteurs internationaux concernés et dans toutes les enceintes internationales compétentes, notamment l'Organisation des Nations unies et ses mécanismes spéciaux , le Conseil de l'Europe, l'OSCE, le Haut Commissaire aux droits de l'homme, ainsi que les organisations concernées de la société civile.
À cet égard, l'UE demeure fermement résolue à mettre en œuvre les objectifs définis par la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée, qui a eu lieu en 2001 à Durban (Afrique du Sud). L'UE insiste sur le fait que la suite à donner à la conférence de Durban doit être décidée par consensus et mise en œuvre dans le cadre d'un effort conjoint de la communauté internationale.
La lutte contre le racisme repose sur les normes internationales des droits de l'homme relatives à la non discrimination. L'UE invite une nouvelle fois tous les États qui ne l'ont pas encore fait à signer, ratifier et mettre en œuvre, sans attendre, la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, qui constitue le principal instrument juridique international dans ce domaine.
Au niveau européen, le Conseil de l'Europe participe depuis longtemps à la lutte contre le racisme. Il a ainsi créé la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI), qui a notamment pour mission d'adopter des recommandations politiques à l'intention des gouvernements des États membres. Le Protocole n° 12 à la Convention européenne des droits de l'homme interdit toute forme de discrimination par un acte souverain. La Cour européenne des Droits de l'Homme veille au respect de ces dispositions. Depuis 2006, un protocole additionnel à la Convention sur la cybercriminalité a permis de limiter la diffusion du racisme et de la xénophobie par le biais de systèmes informatiques.
L'UE soutient également les efforts permanents déployés par l'OSCE afin de lutter contre le racisme et la discrimination, notamment les travaux des trois représentants spéciaux nommés en 2004 visant à promouvoir une plus grande tolérance et à lutter contre le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie et la discrimination dans les États participants. L'UE considère que la mise en œuvre des normes récemment instituées par l'OSCE dans ce domaine est un élément essentiel de la lutte pour la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction, ainsi que de la lutte contre toute manifestation de haine et d'intolérance.
La lutte contre le racisme et la xénophobie demeure un défi mondial, qui demande une réponse mondiale. L'UE engage tous les États à adopter à cet effet des mesures efficaces, tant au niveau national qu'au niveau international, et réaffirme sa volonté d'œuvrer avec tous les pays pour lutter contre le racisme, la xénophobie, la discrimination et les formes d'intolérance qui y sont associées, quel que ce soit le lieu où ces phénomènes se produisent.
La Turquie, la Croatie* et l'ancienne République yougoslave de Macédoine*, pays candidats, l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et la Serbie, pays du processus de stabilisation et d'association et candidats potentiels, l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège, pays de l'AELE membres de l'Espace économique européen, ainsi que l'Ukraine et la République de Moldavie se rallient à la présente déclaration.
* La Croatie et l'ancienne République yougoslave de Macédoine continuent à participer au processus de stabilisation et d'association.