
Ce «Land situé entre les mers» est marqué par la mer du Nord et la Baltique. Notons que ces deux mers ne pourraient pas différer davantage l’une de l’autre. La mer Baltique s’étend de Travemünde, le port de Lübeck qui confine au Mecklembourg-Poméranie occidentale, à Flensburg, à la frontière danoise. La mer du Nord, elle, a une tout autre apparence. Celui qui, se promenant sur l’île de Sylt à l’ourlet de la mer, a vu les vagues se briser contre le rivage, celui qui a écouté, des heures durant, le chant uniforme et irrésistible du vent, se rappelle la célèbre nouvelle de Theodor Storm «L’Homme au cheval blanc».
Est-ce le côté archaïque de ce paysage qui ne cesse d’attirer les riches et les belles? En tout cas, ils s’y rendent volontiers le week-end en avion privé pour se dorer au soleil de la plage, profiter des offres de bien-être des hôtels ou savourer des fruits de mer dans l’un des nombreux restaurants chics. Celui qui fait ses emplettes à Westerland ou à Kampen se croit à Paris ou à Londres, mais pas sur l’île la plus septentrionale de l’Allemagne.
En Frise septentrionale par contre, la partie du Land de Schleswig-Holstein située la plus au nord, la vie est plus calme. Les habitants, peu nombreux, travaillent encore souvent aux champs comme paysans et éleveurs de moutons. Ils parlent le dialecte et sont attachés aux traditions. Ce sont les petites villes telles que Bredstedt, Heide et Meldorf, qui caractérisent cette région de la mer du Nord. Bien que le temps semble y passer moins vite que dans le reste du Land, les choses n’en évoluent pas moins, comme en témoignent le grand nombre d’éoliennes. Le Schleswig-Holstein couvre d’ores et déjà plus du quart de ses besoins en courant grâce à l’énergie éolienne.