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PRÉSIDENCE ALLEMANDE DU G8

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L’héritage de la Prusse

 

Brandenburg__Filmmuseum

 Selon Wolf Jobst Siedler, journaliste et éditeur qui connaît à merveille notre culture et notre histoire, „La Marche a tout apporté, à commencer par l’électorat de Brandebourg, suivi du royaume de Prusse, puis du Reich. C’est comme si cela l’avait minée. A présent, tout ce qui avait fait son importance, son éclat et causé ses angoisses, a disparu. L’ancienne Marche s’est repliée sur elle-même; le Brandebourg est tout ce qui est resté de la Prusse. Si l’on compare une carte de l’Allemagne actuelle à une carte de l’époque des Hohenstaufen, on est revenu là où l’on était il y a 750 ans, avant de traverser l’Oder et de gagner du terrain sur les païens et les régions désertes.“ Aujourd’hui, ce pays n’a plus guère que ce passé car 40 ans de socialisme y ont fait plus de dommages qu’ailleurs. La guerre elle-même y a été plus cruelle car la Marche était sur la route de Berlin et c’est là que les dernières grandes batailles de la Guerre mondiale – Seelow et Halbe – se sont déroulées. Les destructions y ont été plus importantes qu’en Saxe et en Thuringe. Et le socialisme n’a pas été que le refus de la domination, mais un refus de l’Histoire ellemême. De nombreuses constructions on été livrées à l’abandon et plus d’un manoir n’a conservé que ses arbres. C’est la bourgeoisie liée à la Cour et à l’armée qui a commencé par quitter le pays, suivie des artisans et finalement des paysans craignant la collectivisation.

„Aujourd’hui“, affirme Wolf Jobst Siedler, „le monde situé entre le Barnim et l’Uckermark donne l’impression curieuse de n’avoir pas d’histoire, il manque ce qui a fait si longtemps son importance: les citoyens, les paysans, les nobles.“ Mais peu à peu, chacun pressent que le passé est aussi l’avenir. La Marche ne deviendra pas un pays industrialisé, mais un jardin du nouveau Berlin. C’est aussi pour cette raison que la fusion de ces deux Länder constitue une véritable chance, non pas de voir émerger une nouvelle Prusse, mais un Land qui donnera une assise économique à la tradition historique. Les aristocrates qui réintègrent le bercail, tels les Marwitzen et les Hardenberg, augurent donc de l’avenir du berceau prussien. Que ce soit la noblesse de retour au pays, les paysans qui se réinstallent, la CDU, le SPD ou le PDS, tous s’accordent à citer „Le prince de Hombourg“, de Heinrich von Kleist: „In den Staub mit allen Feinden Brandenburgs“ (Que les ennemis du Brandebourg retombent tous en poussière).

 

 



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Date: 05.01.2007